19/02/2021 | Le Bureau Export Berlin

Autriche I +3,4 % pour le marché phonographique en 2020

Le marché de la musique enregistrée autrichien réalise une croissance de 3,4 % en 2020 par rapport à 2019soit un chiffre d’affaires de 171,6 millions d’euros selon le rapport annuel de l’IFPI Autriche publié le 10 février. Il s’agit de la quatrième année de croissance consécutive en Autriche, notamment grâce au streaming, qui augmente d’un tiers.

Le président de l’IFPI Autriche et le DG de Sony Music Austria Dietmar Lienbacher a estimé l’impact de la pandémie à environ 30 millions d’euros de perte de chiffre d’affaires pour les labels domestiques. Il réclamerait aux responsables politiques une compensation financière pour les pertes du secteur à hauteur de trois millions d’euros. Les mesures d’aides à la filière n’auraient jusqu’à présent profité qu’à un petit nombre de structures selon Hannes Tschürtz, DG de Ink Music.

Pour ce qui est du bilan 2020 du marché phonographique autrichien, le répertoire domestique est traditionnellement fortement représenté dans les points de vente physiques et a donc été particulièrement touché par le confinement, a ajouté Dietmar Lienbacher. Selon des estimations de l’IFPI Autriche, ceci aura généré une chute de 40 % des ventes pour les productions autrichiennes en 2020. Ce constat est notamment visible dans le bilan 2020 des charts annuels : selon le DG de Warner Music Austria, Franz Pleterski, aucun titre autrichien n’est entré dans le Top 10 singles, et uniquement cinq d’entre eux sont entrés dans le Top 100. Pour les albums, en revanche, cinq productions nationales sont entrées dans le Top 10 en 2020, alors que ce chiffre était de trois en 2019.

Les abonnements de streaming seraient le seul segment de marché qui aurait résisté à la crise du  marché en 2020. Son chiffre d’affaires a augmenté de 32 % pour atteindre 91,6 millions d’euros, soit une contribution au CA de la filière phonographique excédant les deux tiers. Le DG d’Universal Music Austria Cornelius Ballin a déclaré que 90 % des revenus de streaming avaient été générés par des abonnements/offres premium, par rapport à seulement 4 % du CA issu des offres freemium.

Les supports physiques ont globalement baissé de 15 % par rapport à N-1 (les points de vente physiques étant particulièrement touchés avec -30 %). Les ventes de CD ont chuté de plus de 20 % pour atteindre 30,5 millions d’euros. Les vinyles ont eux enregistré une augmentation des ventes supérieure à 15 % pour atteindre neuf millions d’euros. Le vinyle a donc une part de marché de 6,5 % et a même dépassé les ventes par téléchargement, qui sont tombées à une part de 4,5 %.

La fermeture des commerces, ainsi que des restaurants et hôtels, a également généré des baisses au niveau des collectes de droits voisins via l’OGC LSG : on constate une baisse de 14 % par rapport à 2019 pour arriver en 2020 à un montant à hauteur de 27,1 M€ .

 

Source images : IFPI