05/10/2020 | Le Bureau Export Paris

France | Le CNM, investi dans la relance du marché de la musique

Le 28 septembre 2020, le conseil d’administration du Centre National de la Musique (CNM) a voté la mise en place d’un plan de relance de 44 millions d’euros, principalement destiné à l’économie du live. Cette décision s’inscrit dans un projet plus global d’aide à l’industrie musicale d’ici 2021. 

Depuis sa création, le CNM a pour vocation de former une « maison commune » de la musique, chargée d’harmoniser et de développer les différents métiers au sein de l’industrie. Un fonds de sauvegarde à destination du live est donc opérationnel depuis le 1er octobre. L’enjeu est non seulement d’équilibrer les pertes liées à la billetterie, mais également d’apporter une aide aux organisateurs de spectacles vivants, ainsi qu’aux auteurs-compositeurs. Par conséquent, la portée de ce plan de relance dépasse le seul secteur des concerts.

40 millions d’euros sont alloués aux pertes sur la vente de billets, liées au contexte actuel de pandémie. Le live souffre notamment des jauges réduites des salles, que ce soit pour respecter la distanciation sociale ou en raison d’une reconfiguration de certains événements. Les structures de production pourront demander plusieurs aides dans la limite d’un plafond de 500 000 euros.

2 millions d’euros supplémentaires sont consacrés à la relance des entreprises privées qui organisent des concerts de musique classique et contemporaine. En effet, ces genres ne bénéficient pas de la taxe sur les concerts de musiques actuelles et de variété. Chaque structure pourra demander une aide dans la limite de 35 000 euros. Le fonds tiendra compte jusqu’à la fin d’année 2020 des pertes liées à la billetterie de ces spectacles.

Enfin, 2 millions d’euros servent de provision aux auteurs-compositeurs, dans le cas où les sociétés de gestion collectives prélèveraient le montant des droits de représentation sur les recettes réduites des billetteries.

Contenir la crise en 2021

Le CNM compte poursuivre les investissements en vue de résoudre l’actuelle crise. Pour 2021 et 2022, le Centre a reçu un budget de 200 millions d’euros. Pour son président Jean-Philippe Thiellay, il est primordial d’investir en priorité sur les aides en 2021, afin d’éviter les faillites sur plusieurs années. 170 millions d’euros seraient donc répartis sur cette période, contre 30 millions pour 2022.

Le but est donc de contrer les pertes massives de 2020 pour l’industrie musicale, comme l’a souligné Jean-Noël Tronc, Directeur Général de la Sacem lors de l’assemblée générale du PRODISS. Il estime en effet 300 millions d’euros en moins sur les collectes attendues pour cette année, soit 185 millions d’euros en moins pour les éditeurs et créateurs français.