07/09/2020 | Le Bureau Export Paris

Singapour l Les enjeux de la promotion avec l’agence Secret Signals

Les réseaux de communication sont spécifiques à chaque marché en Asie. Pour prendre la mesure de l’importance de s’entourer de partenaires locaux, il convient de comprendre les attentes des quelques médias spécialisés musique et d’investir sur les réseaux sociaux les plus implantés. Malgré l’impossibilité de voyager, le travail de promotion et les relations avec son audience doivent être maintenus. Il se pourrait bien que la période soit même favorable pour atteindre de nouvelles communautés en Asie grâce aux opportunités en ligne qui offrent de multiples plateformes de diffusion sans frontière.

Edwin Waliman, partenaire de Secret Signals, société de services de promotion pour les labels, les festivals, les distributeurs et les tournées basée stratégiquement à Singapour, expose sa vision du marché et des bonnes pratiques à adopter pour promouvoir son projet en Asie. Depuis 2013, Secret Signals travaille à favoriser des relations durables entre les artistes internationaux, et leurs fans en Asie. Secret Signals travaille également en étroite collaboration avec les stations de radio et de télévision pour la publicité traditionnelle pour toute la région.

 

 

Comment voyez-vous la situation actuelle du marché asiatique de la musique ?

Il est difficile de mesurer avec précision la situation actuelle car les habitudes des consommateurs ont changé pendant les différentes périodes de confinement et nous observons des baisses et des hausses irrationnelles de la consommation de musique, sans aucun indicateur clé auquel se référer.

Avant le Covid-19, l’Asie était en plein essor avec de nombreuses possibilités de tournées ; la consommation de musique augmentait régulièrement. Il est difficile de prédire quand les spectacles et les festivals pourront de nouveau avoir lieu – chaque pays asiatique travaille avec des calendriers différents – ce qui est très délicat car nous sommes très dépendants de nos voisins asiatiques pour partager les coûts des tournées internationales. Les salles et les promoteurs indépendants sont confrontés à une perte de revenus et ce, pour une période indéterminée. Je ne sais pas combien d’entre eux pourront survivre assez longtemps et faire face à la récession qui s’annonce.

Si la situation peut sembler désespérée pour certains à l’heure actuelle, je pense que la filière a la capacité de retrouver assez rapidement un modèle viable. Les créateurs de musique vont continuer à créer et à écrire, ce qui signifie qu’il y aura toujours une offre de musique. Les consommateurs continueront à vouloir découvrir et écouter de nouveaux créateurs, ce qui signifie qu’il y aura toujours une demande de musique. En fait, ces derniers mois, le confinement a privé les gens d’activités expérientielles en extérieur, ce qui fait que la demande augmente sans pouvoir être satisfaite. Une fois que nous pourrons de nouveau nous rendre à des concerts en toute sécurité, nous nous attendons à une demande accrue. Pour l’instant, nous n’avons plus qu’à préparer ce retour et à nous maintenir en sécurité et en bonne santé.

C’est en fait le meilleur moment pour les artistes de prendre vraiment le temps de se faire connaître sur les marchés sur lesquels ils ne se sont pas concentrés dans le passé, comme en Asie. Les artistes ont maintenant le luxe de pouvoir se connecter à leur fanbase mondiale et d’établir de nouvelles relations avec les médias par le biais d’interviews et toute autre opportunité de diffusion en ligne. Nous avons vu le nombre de streaming et de réseaux sociaux de nos clients augmenter au fil du temps notamment grâce au livestreaming. Peu importe que vous soyez un nouvel artiste ou un artiste ayant déjà fait des tournées en Asie, vous devez quand même consacrer du temps pour rester pertinent et visible sur nos marchés.

Quels sont, selon vous, les principaux besoins des médias en Asie ?

Comme partout dans le monde, les médias qui se concentrent sur la musique sont en voie d’extinction. Il y a un réel manque de journalisme musical critique en Asie, même avant que la musique ne devienne un style de vie plutôt qu’un réel produit. Les articles qui obtiennent le plus de clics et de commentaires sont généralement des annonces de spectacles ou de festivals à venir (ce que je comprends, c’est ce dont les médias ont besoin pour attirer les annonceurs), mais comme ces médias musicaux ne font que régurgiter des informations généralistes et factuelles, les lecteurs ne trouvent pas de véritable lien avec les médias ou leurs auteurs. Ils passent donc moins de temps à naviguer sur ces sites et ne développent pas d’affinité avec le média qui a du mal à fidéliser ses lecteurs.

Quels sont les principaux territoires couverts par Secret Signals ?

Nos principaux marchés sont les pays d’Asie du Sud-Est les plus matures : Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour et Thaïlande.

Hong Kong, l’Inde et Taïwan font partie de nos marchés secondaires et les autres pays d’Asie sont des marchés sur lesquels nous intervenons plus rarement.

Y a-t-il des genres musicaux particuliers qui, selon vous, ont le plus de potentiel en Asie ?

En général, la musique pop anglophone est la plus facilement acceptée ici. C’est pourquoi il est utile que la musique soit chantée en anglais, car la plupart des pays d’Asie connaissent cette langue. La musique électronique est également relativement bien diffusée dans la région qu’il s’agisse de hip-hop, de folk, de rock ou d’indie, il existe des niches un peu partout en Asie, et c’est là que nous intervenons pour faire le lien entre les créateurs et ces audiences spécialisées.

Comment utilisez-vous les datas pour élaborer les stratégies de communication pour vos artistes ?

Nous utilisons Chartmetric depuis le début de l’année pour mieux comprendre les données sur la musique et repérer les tendances. Il est évident que ces données ne seront jamais exactes à 100 %, mais elles restent un bon indicateur de la popularité des artistes et cela permet d’évaluer le potentiel de certains marchés. Nous suivons les évolutions des données de nos clients tout au long de nos campagnes de promotion et nous réagissons en fonction, mais souvent, les résultats ne sont jamais immédiats, de sorte que vous pouvez ne voir les résultats que dans quelques mois ou même dans quelques années. Notre travail consiste à poser les bases en amont et à semer les graines pour que l’artiste puisse récolter les fruits par la suite.

Quelques exemples de médias prescripteurs à Singapour

Bandwagon

Popspoken

Spin Or Bin Music

Life in Arpeggio

Vinyl of the Day

 

Malaisie

Juice Online

Eksentika

More Than Good Hooks

DJ Mag Malaysia

 

Thaïlande

Blast Magazine

Fungjaizine

Headbangkok

Sepsakon

Rap Is Now

 

Singapour et Thaïlande

Asia Live 365