21/09/2020 | Le Bureau Export Paris

France | Le streaming maintient la musique enregistrée au 1er semestre

Dans son bilan du 1er semestre 2020 de la musique enregistrée, le SNEP souligne la résistance du secteur de la musique enregistrée face au contexte de crise lié à la pandémie de COVID-19. Néanmoins, le rapport souligne un secteur physique durement touché.

Malgré le fort impact de la crise sanitaire, la musique enregistrée en France affiche un chiffre d’affaires de 279 millions d’euros à l’issue des six premiers mois de l’année 2020. Un résultat en hausse de 0,4% par rapport au 1er semestre 2019. Le marché a été soudainement ralenti par la propagation du COVID-19. Aussi, le SNEP précise que ses chiffres ne peuvent pas être analysés dans la continuité des résultats en croissance depuis 2016.

Un semestre porté par le streaming

Depuis trois ans, le streaming est moteur de croissance. Au cours du semestre, il a progressé de 17,7% pour représenter 76% des ventes (et 66% des ventes sur le top 200 des albums) soit 173 millions d’euros. En terme de volume, le 1er semestre 2020 compte 40,5 milliards de streams audio, soit 23% de plus qu’à la même période l’année précédente. Les trois quarts de ce total sont composés de streams payants.

Le confinement a joué un rôle non négligeable dans l’évolution de la consommation musicale. 55% des français auraient consacré plus de temps à la musique qu’à leur habitude, selon une enquête de Gfk entre le 4 et le 13 mai. 61% des français ayant écouté de la musique pendant le confinement aurait davantage utilisé le streaming. Enfin, durant la vague de mai 2020, 38% de la musique était écoutée en streaming.

En conséquence, la présence du streaming s’est renforcée dans tous les genres par glissement annuel : de 20% pour le rock, 14% pour l’urbain et 10% pour la pop. Pour l’électro et l’urbain, le streaming reste un mode de consommation majoritaire à 78% et 87% respectivement.

Des signes encourageants, malgré une chute du physique

Les ventes physiques ont reculé de 36,8% au regard du 1er semestre 2019. Elles représentent 56 millions contre 88 millions à la même période l’année passée. Cette baisse s’explique non seulement par la fermeture des points de ventes, mais également par l’interruption des concerts. Néanmoins, le rapport du SNEP signale plusieurs signes encourageants pour la musique enregistrée, au-delà du streaming.

D’une part, il est rappelé que le 1er semestre ne pèse traditionnellement que 40% du marché annuel. D’autre part, les sorties décalées s’ajoutent aux ventes post-déconfinement, particulièrement encourageantes pour le vinyle qui représente 31% des ventes physiques sur la période. Les diffusions radio de chansons francophones connaissent une hausse de 2,2% par rapport au 1er semestre 2019. Enfin, toutes ventes confondues, les productions françaises sont présentes à 72% dans le top 200 des albums.

Par ce bilan, le SNEP encourage les pouvoirs publics à augmenter les soutiens en vue d’une relance de l’économie de la musique enregistrée, notamment au moyen du CNM.

Téléchargez le bilan marché de la musique enregistrée du 1er semestre 2020