27/09/2020 | Le Bureau Export Berlin

Allemagne | Deux nouvelles études sur l’état du marché et la consommation

Deux études d’envergure sur le marché allemand de la musique ont été présentées en marge du Reeperbahn Festival 2020 : la mise à jour de l’étude l’état de l’industrie de la filière intégrale en Allemagne et le nouveau volet de l’étude portant sur les usages de consommation de la musique.

Ces deux études ont été réalisées avec le concours du BDKV (équivalent Prodiss), de la BVMI (équivalent SNEP), de la GEMA (équivalent SACEM), de la GVL (équivalent SPRE), de LiveKomm (équivalent Fedelima), de la Somm, de la VUT (équivalent UPFI) et de la DMV (équivalent CSDEM). Les deux études sont en outre soutenues par l’état région de Hambourg et l’Initiative Musik.

Étude sur la filière musicale en Allemagne

Réalisée par le cabinet de conseil DIW Econ, elle est basée sur une enquête en ligne menée entre le 11 mai et le 29 juin 2020, à laquelle ont participé 861 entreprises et freelances. L’une des conclusions les plus importantes est que l’industrie a vu augmenter de manière significative sa contribution à l’économie allemande entre 2015 et 2019. Fin 2019, les recettes totales atteignaient 13,6 milliards d’euros (+18% sur la période). Cela correspond à une augmentation de la valeur ajoutée brute de 29 %, soit environ 5,2 milliards d’euros.

Le segment musical est désormais le deuxième secteur économique des ICC, juste derrière les diffuseurs TV. Il s’agit également du segment dont la valeur ajoutée brute connaît la croissance la plus rapide depuis 2015 avec une variation absolue d’environ un milliard d’euros. Si l’on considère le nombre total de personnes employées dans l’industrie musicale dans son ensemble, l’étude montre une augmentation d’environ 25%. Près de 157 800 personnes travaillaient dans la filière à la fin de l’année 2019, dont 64 000 indépendants et environ 93 000 salariés.

Outre la contribution directe de l’industrie à la valeur ajoutée brute globale de l’économie allemande, d’importantes retombées sont à enregistrer dans d’autres secteurs. L’étude montre en effet que la musique est une source importante de revenus pour l’activité économique de nombreux autres secteurs tels que le tourisme ou l’industrie des médias audiovisuels.

En raison de la pandémie, l’industrie musicale se trouve actuellement dans une situation sans précédent d’incertitudes et de pertes de revenus. Cela est principalement dû à l’interdiction des événements musicaux depuis mars 2020. En conséquence, des milliers d’emplois sont menacés par l’étroite imbrication des chaînes de valeurs de la filière. Cela se reflète dans les prévisions de ventes pour l’industrie, qui se sont effondrées de manière significative. Les acteurs s’attendent à une baisse des ventes de près de 29 % en 2020, soit un chiffre inférieur de près de 7 milliards d’euros aux prévisions de recettes initiales. Cette perte prévisionnelle dépasse largement la première estimation de pertes que la filière avait annoncé en avril.

Retrouvez ici le détail de l’étude.

Étude sur le futur des usages de consommation de la musique en Allemagne

Les résultats de cette étude menée par l’université d’Hambourg font suite à l’enquête menée en juin 2020 auprès de 1 670 personnes. Ils révèlent que les dépenses mensuelles pour la musique ont fortement baissé dans presque tous les formats durant la crise sanitaire. Seules les dépenses pour le streaming sont en croissance de 22% par rapport à la même période l’an dernier. En revanche, les ventes physiques sont en chute spectaculaire. Les dépenses consacrées aux CD ont diminué de 25%. Le secteur du spectacle vivant a été quant à lui encore plus touché. Les dépenses dans le segment ticketing chutent de 80 %.

L’étude, comparée à ses précédentes éditions, montre un déclin du temps consacré à la musique en Allemagne. Depuis août 2018, la consommation hebdomadaire de musique a diminué de 8 %, soit une heure et 46 minutes, en passant de 21 heures et 29 minutes à 19 heures et 43 minutes. La radio conventionnelle, en particulier, a connu une baisse discontinue de 15%, bien que cela soit partiellement compensé par la forte croissance de la radio en ligne de 73%.

Avec 29% des sondés, le nombre d’utilisateurs d’offres premium des DSP reste stable après une période de croissance. La notion de « ownership » perd de plus en plus de sa pertinence, comme le montre le fait que de plus en plus de participants à l’étude ne possèdent plus de supports physiques ou de fichiers musicaux numériques, mais privilégie « l’accès » . L’équipement domestique a également été étudié. La croissance dans le domaine des enceintes intelligentes se distingue tout particulièrement : 19 % des participants à l’étude en utilisent déjà. Cela représente une augmentation de 96 % par rapport à l’évaluation de la première enquête du type menée en août 2018.

Spotify s’impose comme leader sur les différents segments d’utilisation : le graphique suivant montre le classement des plateformes utilisées par des clients freemium (en haut) et premium (en bas), avec les codes couleurs qui indiquent les résultats issus de la 1ère (bleu), 2nde (gris) et 3e (orange) étape de l’étude pluriannuelle :

Retrouvez ici le détail de l’étude.