03/07/2020 | Le Bureau Export Paris

Monde | Coronavirus : quels soutiens à l’industrie musicale à travers le monde?

Face à la crise du coronavirus et aux difficultés rencontrées par tous les acteurs de l’industrie musicale, les pouvoirs publics, organismes de gestion collective et associations des pays du monde entier mettent en place des programmes d’aide. 

Les Etats, OGC et organismes professionnels (ainsi que des entreprises de l’industrie musicale) s’organisent pour venir en aide aux entreprises, artistes et créateurs du secteur dans beaucoup de pays occidentaux. Dans le reste du monde, les soutiens sont encore timides mais les acteurs s’organisent pour quantifier les pertes financières et formuler des demandes de soutien.

Le soutien des gouvernements, organismes de gestion collective et organismes professionnels de la filière

Europe

  • Allemagne

Mise à jour le 03/07/2020

Au niveau fédéral, le Ministre de l’économie Peter Altmaier et celui des finances Olaf Scholz ont déjà annoncé la mise en place d’un programme d’aide (tous secteurs économiques confondus) d’un montant pouvant atteindre 50 milliards d’euros à destination des entreprises de moins de 10 salariés, qui vise également les travailleurs indépendants et professions libérales. D’autres mesures ont été prises par le gouvernement fédéral telles que le report d’échéances ou l’ajournement des paiements de cotisations de sécurité sociale, l’assouplissement des critères d’éligibilité de « travail court » (chômage partiel), l’assouplissement des critères d’accès aux allocations chômage, la suspension de l’obligation de déposer une demande d’insolvabilité, le soutien à la liquidité des PME et des grandes entreprises etc… Ces mesures fédérales sont largement complétées par des programmes et dispositifs au niveau des Länder / régions.

Le mercredi 3 juin, après de longues négociations au sein de la coalition de gouvernement, la chancelière Angela Merkel a annoncé un vaste plan de relance pour l’Allemagne à hauteur de 130 milliards d’euros supplémentaires. La ministre de la culture Monika Grütters a annoncé pour le secteur culturel dans son ensemble une enveloppe d’1 milliard d’euros dans le cadre du programme “Neustart Kultur” répartie en quatre postes principaux:

  • des aides aux investissements pour l’adaptation des établissements culturels (en priorité les établissement à financement privés) aux normes de sécurité sanitaire dans le contexte de pandémie, à hauteur de 250 millions d’euros
  • des fonds destinés à permettre aux structures culturels les plus petites et financés de manière privée à sortir leurs employés du dispositif de chômage partiel et de recommencer leurs activités. Le secteur de la musique devrait pouvoir bénéficier de 150 millions d’euros dans le cadre de ce volet du programme. Cette somme est fléchée vers le secteur du live.
  • des aides pour la promotion et le développement de l’offre culturel en ligne dont un certains nombre de jalons ont été posés ces derniers mois dans un contexte de fermeture des établissements culturels. Jusqu’à 150 millions d’euros seront alloués au soutien des performances en ligne ou visites dématérialisés de lieux culturels.
  • un montant de 100 millions d’euros est alloué à la compensation des pertes de chiffre d’affaire lorsque celles-ci n’entrent pas dans le cadre des autres aides prévues à cet effet.

Le secteur culturel bénéficiera également d’un abaissement temporaire de la TVA (baisse de 3% pour le taux général ; de 2% sur les taux réduits) qui prendra effet sur l’ensemble de l’économie. Notons que si le programme spécifique dédié à la culture pèse pour 1 milliard d’euros, certaines structures des ICC pourront aussi bénéficier des mesures plus générales contenues dans le plan global de 130 milliards d’euros. En particulier, un programme de 25 milliards d’euros sera mis en place pour les PME et les travailleurs indépendants/freelances.

Les mesures prises dans le cadre du programme Neustart Kultur, critiquées par le secteur de la musique notamment du fait de leur apparente mésestime de certains domaines de la filière, ont été défendues et précisée par la ministre de la culture. Monika Grütters a déclaré que le programme serait géré « entre autres par les cinq fonds fédéraux de promotion culturelle ». Ces fonds disposeraient de mécanismes de contrôle éprouvés à travers des jurys chargés de l’examen des demandes d’allocations des différentes subventions comprises dans le programme.. La ministre a également indiqué que la part du plan global de relance de l’économie allemande allouée à la culture était bien supérieure à sa part habituelle dans le budget fédéral, ce qui constitue pour elle un élément de satisfaction.

Le Bundestag allemand a adopté le 2 juillet sa loi de finance rectificative et a ainsi également entériné la mise en place du programme « Neustart Kultur« . La vice-présidente du groupe parlementaire CDU/CSU, Gitta Connemann, a confirmé que le budget de la culture avait été augmenté de 50 % par rapport à son niveau habituel. Au niveau fédéral, la porte-parole de la politique culturelle et des médias, Elisabeth Motschmann, a déclaré que les Länder et les autorités locales continueraient à examiner de près les domaines dans lesquels des ajustements sont nécessaires.

Les entreprises dont le CA en avril et mai 2020 ont diminué d’au moins 60% par rapport à avril et mai 2019 en raison de la crise sanitaire et dont la baisse de CA dans les mois de juin à août 2020 s’est poursuivie d’au moins 50% peuvent demander une aide transitoire. L’État remboursera jusqu’à 50% des frais fixes de fonctionnement (loyer, salaires …) en cas de baisse du CA d’au moins 50% par rapport au même mois de l’année précédente et jusqu’à 80% en cas de baisse du chiffre d’affaires de plus de 70%. Le montant maximum remboursé sera de 150 000€ sur trois mois (de juin à août).

Le gouvernement a validé le projet de loi consistant à autoriser les remboursements de billets pour des événements annulés sous forme de bons d’achat. Le nouveau règlement couvre tous les billets de concerts, d’événements sportifs ou de conférences achetés avant le 8 mars 2020. L’une des conditions est la validité des bons jusqu’à la fin de l’année 2021.

La caisse d’assurance sociale des artistes a annoncé revoir les montants de cotisation pour l’année 2020, corrigée par les estimations de revenus des artistes. Elle offre par ailleurs la possibilité pour les artistes dont l’activité a été perturbée par la crise sanitaire d’obtenir une « bourse d’urgence » de 500 euros sous réserve de justifier les pertes financières subies. Cette somme serait alors versée par le Deutschen Orchester –Stiftung.

La ministre fédérale de la culture Monika Grütters a annoncé que les salles financées par des fonds publics fédéraux devraient rembourser les cachets des artistes pour des spectacles annulés jusqu’un montant de 2500€. Elle invite les Länder à permettre aux salles financées publiquement au niveau local à harmoniser leur réglementation pour permettre le même type d’action. Dès le 29 avril 2020, la ministre a annoncé une aide immédiate pouvant atteindre 5,4 millions d’euros pour les orchestres et ensembles indépendants. Le programme d’aide d’urgence s’étend jusqu’à la fin de l’année 2020 et s’adresse aux orchestres et ensembles professionnels basés en Allemagne. Selon la ministre, le programme vise notamment à « promouvoir les formats de présentation et de médiation élaborés en réponse aux conditions particulières de la pandémie ». Des programmes analogues ont été décidés pour le secteur des musées et celui du cinéma.

Au niveau des états fédéraux, des aides locales aux artistes et auto-entrepreneurs dans le secteur culturel ont été débloquées en Rhénanie du Nord Westphalie (5M€). La ville de Stuttgart a mis en place un fonds dédié au live d’un montant de 80 000 euros pour les salles de concerts, clubs et open airs. C’est aussi le cas à Hambourg où le sénat de la culture local a apporté une aide immédiate de 1,5 million euros aux clubs de musique.

L’état de Berlin a mis en place le 9 avril un fonds de 30 millions d’euros spécifiquement à destination des entreprises de la culture et des médias dont le financement est majoritairement privé et qui comptent plus de 10 salariés. Ces entreprises se trouvaient dans un espace non traité par les différentes aides gouvernementales. Les entreprises concernées devraient pouvoir toucher en moyenne 25 000 euros, avec un montant maximal fixé à 500 000 euros. Deux cas de figure sont prévus pour l’allocation de ce fonds : sous forme de prêt pour les entreprises rentables avant la crise et sous forme de subvention en cas de difficulté extrême.

Le ministre président de l’État-Région de Bavière a annoncé le 20 avril une aide spécifique aux artistes bavarois (tous secteurs culturels confondus) qui devraient pouvoir obtenir une aide forfaitaire de 1000 euros par mois sur trois mois. L’état-région recensant environ 30 000 artistes, ce nouveau plan d’aide coûterait aux alentours de 100 millions d’euros. Les conditions d’accès à ce fond ont été assouplies selon des annonces faites le 14 mai ce qui devrait faire passer le nombre de bénéficiaires de 30 000 à 60 000 pour un montant total de 200 million d’euros versés aux artistes et créateurs. Un fonds supplémentaires de 10 millions d’euros a été débloqué pour la musique amateure (associations et chorales).

Du côté de la Hesse, c’est un programme de “réouverture de la culture” en trois phases qui a été mis en place par le gouvernement local, selon des annonces en date du 11 mai. Une première phase consiste en la distribution d’aides supplémentaires pour les festivals annulés (jusqu’à 500 000 euros, distribués en fonction du nombre moyen de tickets vendus sur les trois dernières années et le mode de financement du festival). Une deuxième phase concerne directement les artistes avec le versement de bourses d’activité de 2.000€ pour des projets de renouvellement de l’activité sur des supports numériques. Enfin, la troisième phase a vocation à aider la réouverture des lieux culturels avec les nouvelles normes sanitaires, avec des subventions jusqu’à 18 000€ pour effectuer des modifications structurelles et développer de nouveaux formats.

Des différences substantielles existent entre les différents Länder, notamment concernant les possibilités pour les artistes d’accéder à des aides financières. Dans le Bade-Württemberg ou dans l’état de Berlin par exemple, les mesures d’urgence liée à la pandémie à l’endroit des artistes a pris fin le 31 mai. A contrario, l’État du Brandebourg permet aux artistes d’être dédommagés de jusqu’à la moitié des pertes de revenus subies en raison de la pandémie jusqu’au 31 août et bénéficier d’une bourse d’étude jusqu’à 1000 euros sous réserve d’être inscrit à la caisse de sécurité sociale des artistes.

Avec « Live 100 », Initiative Musik, en coopération avec la LiveKomm, a lancé un nouveau programme pour les club. Au cours de la première phase, ce sont 215 clubs sur tout le territoire qui seront soutenus pour 6900 événements quel que soit le format (en ligne ou sur place) pour un total de

Le parti des verts a tenu une conférence en ligne qui a permis de formuler une liste de 25 points de revendications à destination du gouvernement fédéral, comprenant notamment l’uniformisation de normes minimales d’aides au secteur culturel au niveau fédéral, une meilleure prise en compte des entreprises des tailles intermédiaires et la clarification des conditions de tenues d’événements entre autres.

Outre des exonérations de paiement des clients utilisateurs contraints à fermer leurs établissements pendant la crise sanitaire, la GEMA a mis en place un fonds d’un montant de 40 millions d’euros destiné à ses membres auteurs compositeurs également actifs en tant qu’interprètes et dont l’activité a été perturbée par l’annulation quasi généralisée des événements prévus en ce printemps 2020. Le fonds de la GEMA est réparti en 2 programmes :

  • Schutzschirm LIVE : s’adresse aux auteurs-compositeurs-interprètes qui connaissent des difficultés financières en raison de l’annulation des événements dans tout le pays. Il s’agit de paiements anticipés des distributions de droits.
  • Corona Hilfsfond : s’adresse aux auteurs, compositeurs et éditeurs qui peuvent justifier d’une baisse de revenus en raison de la crise sanitaire et qui ne sont pas éligibles au programme Schutzschirm Live. Ces aides se feront sous forme de subventions uniques.

La GVL (équivalent allemand de la SPRE) a annoncé le 26 mars avancer les paiements de l’année 2019, initialement prévus autour de septembre 2020, sous forme d’avances forfaitaires en direction des producteurs phonographiques, avec un volume total de 46 millions d’euros. La société de gestion collective des droits voisins vise ainsi à pallier les déficits de liquidité auxquels risquent de faire face de nombreux labels, notamment indépendants. Les versements ont déjà commencé, selon les déclarations de Guido Evers, directeur général de la GVL, octroyant ainsi une aide de court terme avant même que les mesures de subventions annoncées par le gouvernement fédéral ne prennent effet. La GVL a également débloqué 4 millions d’euros d’aides directes pour les artistes.

Après une année 2019 caractérisée par la constance relative du montant des collectes, qui ont atteint 215,5 millions d’euros (-6,3% par rapport à 2018 dont les collectes étaient affectées par le rattrapage de collectes des droits de copies privées), les directeurs de la GVL anticipent pour 2020 une réduction qui pourrait aller jusqu’à jusqu’à 50 % des revenus réguliers. Une telle baisse aurait un fort impact sur les distributions l’année suivante, laissant planer l’incertitude sur les conséquences à long terme de la crise sanitaire (cf. article dédié sur le fil).

Initiative Musik a mis en place une campagne de dons qui permettra de financer un programme d’aide à destination des musiciens des esthétiques pop, hip hop, métal, musiques électroniques, rock et jazz à partir de la fin du mois d’avril. Le montant de la subvention est fixé à 1000€ par musicien. L’attribution de la subvention sera décidée par un comité de professionnels. Le montant collecté a été évalué à la date du 15 mai à plus de 140 000€ de dons de particuliers et d’entreprises.

L’auto-organisation de la filière a elle aussi permis de lever un certain nombre de fonds. Ainsi, plus de 450 000 ont été collectés auprès de 14 500 donateurs par la Clubcommission Berlin et Reclaim Clubculture à travers l’initiative United We Stream en partenariat avec Arte Concert pour la sauvegarde de la vie nocturne berlinoise. L’initiative lancée dès le 18 mars a élargi son champ d’action avec les sessions United We Stream Global dans 45 villes à travers le monde. Au total, ce sont 900.000 € qui ont été collectés pour la club culture dans le monde. Les premiers versements commenceront cette semaine à Berlin, sous le contrôle d’un comité consultatif pour garantir un versement équitable des fonds. L’initiative a eu un écho sur le gouvernement du Land de Berlin qui a lancé sa propre plateforme de livestream Berlin (a)live avec un système de don analogue à celui de United We Stream pour ouvrir l’exposition en ligne à d’autres artistes et esthétiques musicales.

Le président du BDKV (équivalent Prodiss) a pris position pour dénoncer la confusion de ce
qui peut être qualifié de « grand événement » et qui serait donc interdit jusqu’au 31 août. Il alerte sur les disparités réglementaires que cette confusion risque d’initier au niveau des différents Länder et les difficultés qui se poseraient aux tourneurs et producteurs de spectacles pour mettre en place des plans et des stratégies de reprise d’activité.

Jens Michow (BDKV) et Peter Schwenkow (CEO DEAG) en ont appelé au déblocage de fonds à hauteur de 500 millions d’euros (équivalent à 10% des pertes prévisionnelles de recettes pour le secteur) pour la filière live en prévision de l’annulation des tournées d’automne afin de prévenir les situations d’insolvabilité qui guettent un 20 à 25% des entreprises du secteur selon Michow. Un tel plan devrait permettre la sauvegarde de 100 000 emplois dans la branche des concerts selon Peter Schwenkow. Le président de a.s.s. concerts & entertainment Michael Bisping tire également la sonnette d’alarme concernant les petits promoteurs locaux et organisateurs de tournées dont il craint la faillite même avec des fonds d’aide car le manque à gagner et les conséquences de la crise sanitaire sur l’activité à moyen terme seraient trop importantes pour des structures à l’équilibre d’ordinaire déjà fragile.

La société Goldrush Productions, en charge de la gestion de la salle Rosenhof à Osnabruck et dont les activités sont à l’arrêt depuis la mi-mars, a reconverti les locaux de la salle Rosenhof en atelier de couture. La société produit des masques personnalisés qui lui permettent de dégager des revenus dans l’optique de la survie économique de l’entreprise.

Dans un communiqué de presse en date du 18 mai 2020, l’organisation du Reeperbahn Festival réaffirme sa volonté de maintenir son édition 2020 aux dates prévues, du 16 au 19 septembre. Les organisateurs travaillent à des solutions de sécurité pour chaque endroits qui accueillera des manifestations du festival. Un article dédié est disponible sur le fil de l’info.

L‘Association européenne des centres d’événements (EVVC) a élaboré un « plan-cadre » en coopération avec des experts de la filière et l’a publié sur le site web de l’association avec un accès les non-membres. Le plan-cadre offre aux exploitants de lieux de réunion et aux organisateurs « une orientation pour l’interprétation des règles lors des événements et facilite leur mise en pratique », comme l’indique l’association. Les mesures sont disponibles en allemand ici. L’association soutient par ailleurs la campagne nationale « Night Of Light » qui vise à attirer l’attention sur la situation dramatique de l’industrie de l’événementiel : Dans la nuit du 22 au 23 juin 2020, toutes les entreprises participantes du secteur de l’événementiel et les lieux de l’événement illumineront leurs bâtiments en rouge.

La liste des initiatives mises en place par la filière (#becreativeforcreatives) sont disponibles en allemand ici.

Le CEO de DEAG Peter Schwenkow a réagi aux décisions de prolonger les interdictions des grandes manifestations en proposant de les rendre possible sous condition que les participants installent l’application de traçabilité officielle allemande sur leur téléphone de manière obligatoire. Il soutient que le savoir faire des organisateurs d’événements en termes de sécurité permettrait tout à fait de s’adapter aux nouvelles normes et plaide pour que les grandes manifestations soient de nouveau autorisée le plus vite possible.

Sous la devise « MitAbstandgehtsnicht » (“Ca ne marchera pas avec la distance”), les artistes et les organisateurs appellent à un rassemblement le 22 juin sur le terrain devant la Jahrhunderthalle de Francfort pour attirer l’attention sur leur situation critique liée à la crise sanitaire. Les initiateurs appuient sur la nécessité d’une aide spécifique au secteur live, sans quoi des vagues de faillites et de licenciement sont à prévoir avec une menace sérieuse pour la diversité culturelle en Allemagne.

  • Italie

Mise à jour le 03/04/2020

En Italie, plus de 3000 spectacles musicaux ont été touchés par les mesures de sécurité visant à contenir le coronavirus. 60% d’entre eux ont été reprogrammés, 17 % ont été annulés, ce qui correspond à une perte de 40 millions d’euros pour les concerts de fin février au 3 avril et de 100 millions d’euros dans les activités satellites liées aux concerts (hôtels, restaurants, etc.). Les pertes pour l’industrie du disque de fin février à fin avril sont estimées à 100 millions d’euros.

Le gouvernement a pris plusieurs mesures en faveur de l’industrie musicale :

  • 10 % de la redevance pour copie privée (13 millions d’euros), généralement utilisée pour financer des projets artistiques et musicaux destinés aux personnes de moins de 35 ans, seront entièrement consacrés à aider les auteurs, les interprètes, les musiciens et les agents qui vérifient les violations des droits d’auteur sur place (par exemple dans les clubs, les discothèques, etc.).
  • un fonds d’urgence de 130 millions d’euros pour les industries du spectacle vivant, du cinéma et de l’audiovisuel a été créé. Il reste à déterminer comment il sera distribué et combien ira à la musique.
  • L’assurance chômage a été étendue aux travailleurs culturels et 600€ d’allocation seront versés pour le mois de mars aux travailleurs du secteur de la musique et du divertissement non affiliés à un service de sécurité sociale, qui ont au moins 30 jours de travail avec des cotisations payées et un revenu annuel inférieur à 50k euros. Le fonds total de cette allocation est de 48,6 millions d’euros (environ 81 000 personnes la recevront). Les cotisations de sécurité sociale et d’assurance sont quant à elles gelées.
  • les personnes qui ont acheté des billets pour des spectacles annulés peuvent demander un remboursement, un bon à utiliser tout au long de l’année 2020, ou peuvent choisir de ne demander aucune de ces options et laisser la somme à l’organisateur du spectacle à titre de don.
  • Belgique

Mise à jour 05/06/2020

Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles porte son Fonds d’urgence crée dans le cadre de la crise du coronavirus à 85 millions en l’augmentant de 5 millions d’euros. Un montant complémentaire de 8,5 millions d’euros est mobilisé pour les opérateurs culturels et Les demandes d’indemnisation pourront être introduites pour une période qui a été étendue du 4 mai au 5 juillet.

De plus, une subvention exceptionnelle d’un million d’euros sera accordée à Wallonie-Bruxelles International pour soutenir les secteurs artistiques en difficultés dans le cadre de la diffusion internationale. Un montant identique servira également à aider les équipes techniques et artistiques victimes d’annulations à l’étranger. 2,5 millions d’euros supplémentaires seront déployés pour les festivals culturels, s’ajoutant au maintien des subventions prévues pour les festivals en dépit des reports et annulations.

  • Royaume-Uni

Mise à jour 06/07/2020

AIM (Association of Independent Music) a lancé un fonds pour soutenir les indépendants et les entrepreneurs de l’industrie musicale (tour manager, ingénieurs du son, radio pluggers etc.). Le fonds est doté de £500 000 par AIM et ses membres espèrent d’autres contributions du secteur pour doubler le montant. Plus d’informations ici.

Help Musicians a lancé son propre fonds pour aider les musiciens souffrant de « difficultés financières importantes » dues à la crise sanitaire. Des bourses de £500 sont attribuées. Cette annonce fait suite au lancement du site web de l’organisation caritative « Corona Advice for Musicians ». Plus d’informations ici.

La  BPI a créé un fonds de £1.5 millions pour les musiciens en difficulté. Ce fonds est notamment financé par Sony Music Entertainment UK, Warner Music UK, Universal Music UK, les labels indépendants Cherry Red, Demon Music Group ainsi que les BRIT Awards, Amazon Music et PPL. La somme sera versée en grande partie au Help Musicians’ Coronavirus Financial Hardship Fund.

The Music Venue Trust a lancé sa campagne #saveourvenues destinée à lever des fonds pour sauver les 556 salles menacées de fermeture immédiate. Cette campagne succède au fonds de crise Grassroots Music Venues (GMV), qui a permis de rassembler 182 000 £. Cette campagne a d’ores et déjà permis de sauver plus de 140 lieux d’un « danger critique ».Le PDG de Music Venue Trust, Mark Davyd, a néanmoins nuancé en expliquant « Bien que la menace immédiate de fermeture de ces sites ait été stoppée, ils sont toujours menacés dans les mois à venir, tout comme plus de 400 autres.

Le gouvernement britannique a annoncé le 5 juillet un programme de soutien de 1,57 milliard de livres sterling pour le secteur des arts et de la culture du Royaume-Uni après un lobbying important de la part de Music Venues Trust avec la campagne #saveourvenues et depuis le 2 juillet le mouvement #LetTheMusicPlay soutenu par des artistes de renom tels que Paul McCartney, The Rolling Stones, Ed Sheeran, Dua Lipa et Liam Gallagher.

Musicians’ Union a ouvert un « Corona Virus Hardship Fund » avec des bourses de £200 distribuées aux musiciens en grande difficulté financière. Plus d’informations ici.

PRS Foundation a ouvert un fonds nommé « Sustaining Creativity Fund » pour les auteurs et compositeurs ayant des problèmes financiers liés à la perte d’activité causée par le Covid-19. Ce fonds peut être dépensé dans toute entité qui puisse aider les créateurs à continuer de créer. Plus d’informations ici.

Le Maire de Londres Sadiq Khan a annoncé la création d’un fonds d’urgence de 2,3 millions de livres sterling destiné à aider les industries culturelles et créatives en difficulté. Parmi les bénéficiaire de ce fonds, Music Venue Trust reçoit 450 000 £ dans le cadre de #saveourvenues. Le LGBTQ + Venues Forum, reçoit 225 000 £ et Creative Land Trust reçoit 1,5 million de livres pour soutenir les espaces de travail des artistes.

Le Music Managers Forum (MMF) a annoncé qu’elle lançait le fonds « Rebuild » pour les managers impactés par la pandémie. Les subventions pourront aller jusqu’à 3000 livres sterling. L’ouverture des candidatures à ce fonds auront lieu le 17 juin.

  • Irlande

Mise à jour 27/04/2020

L’Irish Music Rights Organisation (IMRO), l’Irish Recorded Music Association (IRMA) et First Music Contact (FMC) ont créé un fonds de soutien à la création musicale, ouvert aux auteurs, compositeurs, interprètes, musiciens et arrangeurs irlandais qui en ont le plus besoin. Ce fonds est composé des contributions de l’IMRO et de l’IRMA mais également d’un apport de Spotify via Spotify COVID-19 Music Relief et est ouvert au dons privés.

  • Ecosse

Mise à jour 03/04/2020

A l’échelle nationale, un plan de 2,2 milliards de livres sterling (soit 2,5 Md€) a été annoncé par le gouvernement afin de « protéger les emplois, à prévenir les fermetures d’entreprises et à promouvoir la reprise économique ».

Au niveau culturel, Creative Scotland va lancer un plan de 11 millions de livres sterling (soit 12,4 M€) afin de soutenir l’ensemble du secteur culturel en Écosse. Trois fonds d’aides seront mis à disposition des acteurs du secteur qui en ont le plus besoin. Le premier est un fonds spécifique de 2 millions de livres sterling (2,3 M€) qui permettra de « soutenir la pratique créative des artistes ayant perdu des revenus en raison de l’annulation de toutes activités artistiques et culturelles ». Le second est un fonds d’aides « ponctuelles » de £1,5 millions (1,7 M€)  pour les travailleurs indépendants de l’industrie du cinéma tandis que le troisième, doté de 7,5 millions de livres (8,5 M€) est destiné aux structures et organismes culturels fermés pour leur permettre de « soutenir leur développement dans les mois à venir ».

  • Suisse

Mise à jour le 03/07/2020

Le Conseil fédéral a proposé un programme global d’urgence d’environ 40 milliards de francs suisses dont 280 millions applicables au secteur culturel, sous réserve de validation par le parlement. Des aides spécifiques telles qu’une allocation pour pertes de gains pour les indépendants, une indemnité pour chômage partiel, un prêt transitoire aux entreprises en déficit de liquidité seront également versées. Des mesures complémentaires sont possibles pour le secteur culturel si les autres n’ont pas suffisamment d’effet : aides d’urgence aux entreprises culturelles sans but lucratif, indemnisation des pertes financières (notamment pour le secteur événementiel) et aides financières pour les associations culturelles d’amateurs.

Le Conseil fédéral a décidé le 13 mai 2020 de prolonger la durée de validité de l’ordonnance COVID dans le secteur de la culture jusqu’au 20 septembre 2020, les demandes peuvent donc continuer à être déposées jusqu’à cette date. Le champ d’application de l’ordonnance n’est pas modifié. En revanche, l’analyse des demandes déposées a révélé que les instruments mis en place ne correspondent pas tous aux besoins effectifs du secteur culturel. Pour cette raison, le Conseil fédéral a décidé de proposer au Parlement une nouvelle répartition des ressources disponibles :

  • Sur les 100 millions de francs attribués jusqu’ici au crédit des aides d’urgence aux entreprises culturelles, 35 millions de francs seront transférés au crédit destiné à l’indemnisation des pertes financières des entreprises culturelles et des acteurs culturels.
  • De même, sur les 25 millions de francs inscrits jusqu’ici au crédit des aides d’urgence aux acteurs culturels, 15 millions de francs seront transférés au crédit destiné à l’indemnisation des pertes financières des entreprises culturelles et des acteurs culturels.

Les fonds nécessaires doivent être libérés par la Délégation des finances des Chambres fédérales (DélFin). La mise en œuvre des aides d’urgence aux entreprises culturelles ainsi que des indemnisations des pertes financières est du ressort des cantons, celle des mesures d’urgence aux acteurs culturels est confiée à Suisseculture Sociale. Le DFI travaille actuellement avec les cantons et l’association Suissculture Sociale à l’élaboration des instruments et des directives concernant les procédures de demande et de paiement. L’objectif est de mettre en œuvre ces mesures le plus rapidement possible.

L’Office fédéral de la culture a publié un tableau récapitulatif des aides en faveur du secteur culturel ici.

Les radios nationales apportent un soutien massif en diffusant de la musique suisse, certaines émissions ne diffusant même que des artistes locaux.

La Société suisse de gestion des droits des auteurs d’œuvres musicales (SUISA, équivalent suisse de la SACEM) fait état de collectes en progression de 9,6% en 2019 par rapport à l’année précédente, pour atteindre un montant de 176,3 millions de francs suisses (environ 164,7 millions d’euros). Cette marge de manoeuvre supplémentaire dans la réponse à la crise sanitaire ne cache pas des perspectives plus sombres quant aux collectes de l’année 2020. 135 millions de francs suisses (125 millions d’euros) seront versés aux créateurs au total. SUISA offre à ses membres un soutien financier pour combler la perte des droits d’auteur:

  • Obtention d’avances : les membres de SUISA, tant les auteurs que les éditeurs, ont toujours eu la possibilité d’obtenir une avance. Le montant de l’avance est calculé sur la base du revenu moyen au cours des dernières années et uniquement si le membre a reçu plus de 500 francs suisses de rémunération au titre des droits d’auteur. Normalement, une avance obtenue est déduite du prochain décompte que le membre reçoit. Cela signifie donc des revenus en moins dans le cadre de la répartition. Comme mesure prise immédiatement contre la situation exceptionnelle créée par la pandémie du coronavirus, le Conseil de SUISA a décidé que cette compensation des avances sera suspendue au moins jusqu’en juin 2021. Dans tous les cas, les avances reçues devront donc être remboursées au plus tôt à partir de juin 2021.
  • Octroi d’aides aux membres: si le versement d’une avance ne suffit pas et qu’un membre de SUISA se retrouve dans une situation financière insurmontable en raison de la perte de revenus provenant habituellement des droits d’auteur, il peut adresser une demande d’aide d’urgence à SUISA. En tant que société de gestion des droits d’auteur, SUISA apporte un soutien si des redevances de droits d’auteur viennent à manquer. Néanmoins, les fonds pour les paiements de soutien sont limités. Les membres SUISA qui ne bénéficient pas encore d’une aide financière par le biais du fonds d’urgence par une autre mesure cantonale peuvent demander une aide à SUISA. Les difficultés financières doivent être prouvées par le demandeur. Les demandes doivent être faites. Les documents soumis seront examinés dans un délai de sept jours. La décision prise sera communiquée par courrier électronique. En cas d’acceptation de la demande, le paiement sera effectué immédiatement par virement bancaire. Les aides d’urgence ne devront pas être remboursées. Cette mesure a été votée et entérinée lors de l’Assemblée Générale de la SUISA le 26 juin et devrait consister en une enveloppe d’1,5 millions de francs suisses (1,41 millions d’euros) pour les auteurs et éditeurs en Suisse et au Liechtenstein. Par ailleurs, les auteurs membres de SUISA devant faire face à une situation financière difficile peuvent également bénéficier d’une aide de la part de la fondation de prévoyance sociale. Le fonds d’aide ne permet pas de compenser les cachets non perçus, mais de couvrir une partie de l’absence de revenus liés aux droits d’auteur.

Compte tenu de la crise sanitaire, les délégués de l’OGC des droits voisins Swissperform ont approuvé « une contribution substantielle » pour un fonds d’aide d’urgence de la Fondation suisse des artistes interprètes SIS. Le montant et les conditions d’accès à ce fonds n’ont pas encore été communiqués. (Un article dédié couvrant l’ensemble de l’AG de Swissperform sera soumis à relecture dans l’après-midi).

Les radios nationales apportent un soutien massif en diffusant de la musique suisse, certaines émissions ne diffusant même que des artistes locaux.

  • Autriche 

Mise à jour le 12/06/2020

Au niveau gouvernemental, un plan de soutien à l’économie d’un montant de 15 milliards d’euros a été mis en place : indemnisation des mesures de chômage partiel dans toutes les entreprises, aide spécifique aux indépendants et freelance. Le plan d’aide global pourra atteindre 38 milliards en prenant en compte les effets à long terme de la crise sanitaire. 4 milliards d’euros sont destinés à un fonds d’aide d’urgence ; 9 milliards d’euros sont fléchés vers les garanties et les engagements afin d’éviter la crise de liquidités ; 15 milliards d’euros iront aux secteurs particulièrement touchés et il y aura 10 milliards d’euros de reports d’impôts et de réductions d’impôts. 

Les pouvoirs publics ont mis en place le fonds Covid-19 alloué à la caisse d’assurance sociale des artistes s’élevant à 5 millions d’euros pour des allocations individuelles et pouvant aller jusque 6 000 euros sur trois mois. Ce fonds est destiné à aider les personnes non éligibles au Härtefallefonds du WKÖ (ministère de l’économie) constitué de 2 milliards d’euros pour les TPE (jusqu’à 9 personnes).

Le Härtefallefonds a vu son plafond être augmenté (de 9 000€ à 15 000€ en tout), de même que sa période de validité qui passe de 3 à 6 mois. Son champ est étendu aux personnes travaillant sous contrat intérimaire et précaire, jusque là très marginalement concernés par les mesures d’aide du gouvernement.

Le plan à destination des artistes a été mis à jour le 28 mai : les artistes doivent recevoir une somme forfaitaire de 1.000€ par mois pendant six mois. Les premiers versements sont prévus pour juillet, sans que ne soit précisé si ceux-ci courront sur six mois supplémentaires ou rétroactifs jusqu’à la mi-mars. 

Des annonces du 12 juin font état de mesures de baisse de la TVA pour alléger la charge sur les secteurs de la gastronomie, du tourisme, des médias et de la culture. La TVA sur ces secteurs passe de 20% à 5% pour la durée déterminée par le gouvernement du 1er juillet au 31 décembre. Du côté de la filière musical, cet allègement concerne essentiellement les places de concert. Ces secteurs sont également concernés par un moratoire sur les crédits souscrits pour assurer le paiement de frais de personnel.

IFPI Austria et VTMÖ, les organismes de représentations des producteurs phonographiques, ont créé un fonds d’urgence d’1 million d’euros.

AKM, Austromechana et OESTIG (OGC autrichiens) ont mis en place un fonds d’un montant d’1 million d’euros. Ce fonds est exclusivement réservé aux auteurs de musique qui connaissent des difficultés financières en raison de pertes importantes de droits d’auteur ou de redevances.
LSG (organisme de gestion des droits voisins) a mis en place une aide individuelle ponctuelle ou récurrente pour soutenir la situation économique de ses membres artistes-interprètes et producteurs.

Le syndicat des indépendants VTMÖ a lancé une campagne demandant à toutes les stations de radio et de télévision de diffuser deux fois plus de musique autrichienne que d’habitude. Du côté des radios privées, seule la station Radio 88.6 a répondu à l’appel avec un nouveau programme chaque jour de 18 à 20 heures avec 100% de musique autrichienne. La radio publique nationale a annoncé 2 heures supplémentaires de musique de jeunes artistes prometteurs du dimanche au jeudi de 22h à minuit sur sa station la plus populaire OE3. La part de musique autrichienne dans la diffusion d’OE3 passerait donc de 15% à 24% sur ces jours-là.

Spotify a développé un partenariat avec le MICA pour faire bénéficier les “organisations en situation de nécessité” autrichiennes de son fonds international Covid 19 Music Relief project

  • Pologne

Mise à jour le 12/06/2020

Le gouvernement a mis en place un groupement de mesures dont l’élargissement de la portée de l’assurance sociale aux artistes et travailleurs du secteur culturel, des subventions pour pertes de revenus, un soutien pour les pertes de salaire jusqu’à 40% du salaire minimum polonais, un soutien aux auto-entrepreneurs à hauteur de 80% du salaire minimum.

Un programme dédié à la culture pourrait atteindre un montant de 4 milliards de zlotys (878 140 000 euros).

Lancement du programme « Kultura w sieci » (culture en ligne) : fonds de 20 millions de zlotys (4 390 700 euros) pour aider les artistes et les organisations à développer de l’activité en ligne pendant la crise sanitaire. Un quart du fonds est destiné aux artistes. Les versements s’effectuent sous forme de bourses.

La suspension des collectes de droits est permise par des amendements législatifs en date du 31 mars qui concernent les mesures mises en place par le gouvernement polonais face à la crise sanitaire.

La ZAIKS (équivalent de la Sacem) a simplifié les procédures de demande de soutien. Ses membres ont la possibilité de demander des subventions et des paiements forfaitaires anticipés.

La STOART (société de gestion des droits voisins) suspend la collecte des droits.

La ZPAV (antenne polonaise de l’IFPI) suspend la collecte des droits. 

Au niveau local, certaines communes s’organisent de façon autonome par exemple la ville
de Szczecin qui a créé un programme d’aide basé sur 3 piliers :

  • Bourses de création de la ville de Szczecin – les artistes pourront soumettre des
    demandes individuelles de bourses pour la réalisation de leurs créations. Grâce à ce
    projet, plusieurs projets seront créés cette année pour un montant total de 200 000
    PLN (44 150€).
  • Un autre plan de subventions pour la création en ligne sera bientôt lancé et mis à la
    disposition d’au moins une douzaine d’artistes et d’artistes indépendants. 50 000 PLN (11 037 €) seront alloués pour soutenir les projets qui peuvent être réalisés en ligne.
  • Priorité aux artistes locaux – la ville a déclaré que pendant ses événements, ce sont principalement des artistes de Szczecin qui se produiront.

Le Musée de la Chanson Polonaise à Opole a lancé un appel aux radios, télévisions et sites internet publics et privés à participer à la campagne #grajmypopolsku, qui vise à soutenir les artistes polonais en les diffusant en priorité. Radio dla Ciebie et Polish Radio ont été les premières à rejoindre la campagne. Radio Opole et Radio Gdańsk ont également suivi l’appel. Radio Gdańsk consacre chaque jour trois heures exclusivement à la musique d’artistes nationaux. Les sociétés de gestion collective polonaises soutiennent également cette initiative. La dernière station de radio à avoir rejoint cette campagne est Radio ZET qui diffuse uniquement de la musique polonaise chaque jour entre 18 et 19 heures.

  • République Tchèque

Mise à jour 04/05/2020

Un fonds gouvernemental de 300 millions de couronnes (10 877 400 euros) a été alloué à la culture. La négociation de ce montant est encore en cours. Le gouvernement a approuvé la demande du ministre de la culture Lubomír Zaorálek allouant 1,07 milliards de couronnes (environ 40 000 000 d’euros) supplémentaires notamment pour soutenir le secteur du spectacle vivant.

Le programme « Culture Rescue » du ministère de la culture subventionne les festivals, qu’ils aient lieu ou non. Les coûts de production sont remboursés sur présentation de justificatifs de dépenses pour des événement annulés.

Des professionnels tchèques ont lancé le 10 avril « United Live Radio« . Il s’agit d’une
radio indépendante sans but lucratif avec la vocation de communiquer autour des acteurs
tchèques de la musique et de diffuser des lives. Le festival Metronome est entouré dans cette initiative de plusieurs acteurs de la filière : les festival de musique électronique Beats for Love, Benátská noc et BluesAlive, le festival de metal Brutal Assault, JazzFestBrno, les événements drum n’ bass Festival Svojšice et Let It Roll, les événements Folk Holidays, Open Air MusicFest Prestige, Prague Spring Festival, Respect Festival, Strings of Autumn Festival, Štěrkovna Open Music, United Islands of Prague et l’événement sportif Slovácké léto. United Live Radio est aussi porté par les salles de concert Forum Karlín, Joe’s Garage, les promoteurs Fource Entertainment, Live Nation, Obscure Promotion et l’agence 10:15 Entertainment.

La société de droits d’auteur OSA a distribué une aide extraordinaire à des compositeurs
spécifiques et a permis le report des paiements des cotisations.

La société de gestion des droits voisins INTERGRAM ne semble pas en mesure d’allouer des avances forfaitaires pour le moment. Les bénéficiaires font pression pour que la distribution soit avancée de la période habituelle. Le montant disponible dans l’hypothèse de la mise en place d’un fonds de crise devrait être très limité (environ 80 000 euros au total, uniquement disponible pour les interprètes, et pas pour les producteurs).

  • Pays-Bas

Mise à jour le 29/05/2020

Le gouvernement a mis en place des aides au paiement des salaires pour les entreprises ayant perdu au moins 20% de chiffre d’affaires, des subventions à hauteur du salaire minimum légal pour les indépendants (pour une durée de trois mois), la facilitation et déduction des taux d’intérêts pour les emprunts bancaires, des allègements fiscaux, une aide au remboursement des dettes pour les PME de 1,5 milliard d’euros.
Un plan de compensation spécifique concernant notamment le secteur événementiel est à l’étude. 

Ces mesures d’aide à l’économie ont été étendues avec des mesures globales qui pourraient se chiffrer à 4 milliards d‘euros supplémentaires sur l’ensemble de l’économie au titre d’allègements fiscaux. 300 millions d’euros supplémentaires ont été alloués au soutien des opérateurs du secteur culturel pour des subventions supplémentaires aux organismes et festivals subventionnés par le ministère de la culture ; des investissements dans des équipements culturels régionaux (musées, cinémas, scènes) ; le rehaussement des possibilités de crédit pour, d’une part, les monuments ouverts au public, et d’autre part, les équipements culturels privés.

La BUMA a pris les dispositions suivantes :

  • Avance des versements des forfaits de droits d’auteur : Les revenus des droits d’auteur en provenance du spectacle vivant de 2019 seront versés en avril et mai 2020 au lieu de septembre 2020. Grâce à cette mesure, environ 12 000 000 € seront versés aux ayants droit 4 à 5 mois plus tôt. De plus, les revenus de droits d’auteur de la radio et de la télévision de 2019 seront versés en juin 2020 au lieu de septembre 2020. Avec cette mesure, environ 38 000 000 € seront versés aux ayants droit trois mois plus tôt. 
  • Passage d’une distribution annuelle à une distribution trimestrielle pour les droits d’auteur de 2020 : Pour les droits concernant le spectacle vivant cette disposition devrait permettre de verser entre 7 et 10 millions d’euros aux ayants droit entre 6 et 15 mois avant la date initialement prévue. Pour les droits relatifs à la diffusion audiovisuelle, le montant concerné serait de 27 millions d’euros versés avec 3 à 12 mois d’avance.
  • Mise en place d’un fonds d’urgence : BUMA/STEMRA mettra à disposition 2 750 000 euros pour un fonds d’urgence. Ce fonds est destiné à aider les ayants droit qui rencontrent encore des difficultés malgré les initiatives gouvernementales et les mesures spécifiques annoncées pour le secteur de la création. La procédure et les critères d’attribution n’ont pas encore été communiqués. s. Ce plan a été doublé par le ministère de la culture le 27 mai, la BUMA/STEMRA a annoncé faire de ces fonds supplémentaire un dispositifs d’investissement dans la création et la production musicales. Les détails de ce plan et les conditions d’éligibilité sont en cours de discussion.

Les DSP Spotify et Apple Music ont inclus les Pays Bas dans leurs programmes d’aide internationaux à la filière musicale. Spotify a notamment annoncé mettre 100 000 euros à disposition des professionnels néerlandais. Les organismes de représentation demandent au gouvernement de compléter ce fonds.

La société des artistes/producteurs SENA a mis en place un fonds spécial de 200 000 euros auprès duquel les artistes peuvent demander un prêt pour des séances en studio. En outre, SENA a annoncé le 1er mai la création d’un fonds d’un million d’euros qui sera réparti entre les artistes et les labels. Les détails de la répartition de ce fonds sont encore en cours de discussion, mais il devrait être réparti sous conditions de revenus.

  • Espagne

Mise à jour le 23/04/2020

La SGAE, société de de gestion collective espagnole a ajouté 7 millions d’euros à son programme existant de 8 millions d’euros d’aide financière et sociale pour ses membres qui en ont besoin. Elle accordera des subventions allant jusqu’à 3 000 euros aux auteurs et compositeurs de chansons en difficulté immédiate, tandis qu’une ligne d’avances automatiques, et même un service de livraison de repas à domicile pour les membres plus âgés seront mis en place. Cette aide de 15 millions d’euros au total devrait être amenée à augmenter dans les prochaine semaine, grâce au soutien des différentes administrations publiques.

Des mesures ont également été prises par les gouvernements autonomes des régions. Parmi les mesures prises, la Catalogne  a lancé un plan de sauvetage du secteur culturel de 31 millions d’euros tandis que les Îles Baléares ont quant à elles des aides spécifiques pour le secteur culturel dont l’une est destinée « à la musique, aux interprètes et aux compositeurs des îles Baléares pendant la période du 1er juillet 2019 au 20 avril 2020, pour un montant de 170 000 euros ». Dans la région de Castille-et-León les aides sont construites sur deux phases  dont la deuxième phase concerne le secteur de la musique avec des mesures de reprogrammation de l’activité et d’adaptation des lignes de subventions existantes.

Retrouvez l’ensemble des dispositions prises par les gouvernements autonomes des régions espagnoles ici.

  • Suède

Mise à jour le 16/04/2020

La société de gestion collective suédoise, la STIM a alloué 50 millions de couronnes suédoises à un dispositif d’avance aux auteurs et aux éditeurs de chansons pour les aider à se remettre sur pied. Cette avance sera versée fin mai 2020 et ira de 5 000 à 200 000 SEK en fonction de la moyenne des paiements reçus par les membres au cours des exercices 2018 et 2019.

A noter l’initiative d’Impala pour répertorier les aides l’industrie musicale en Europe ici.

Le GESAC, a également répertorié les décisions de soutien prises par les OGC des pays européens. La liste peut être consultée ici.

Amérique du Nord

  • Etats-Unis

Mise à jour 23/04/2020

Après des discussions au Sénat et à la Chambre des représentants, l’administration Trump a signé le CARES Act, un plan de sauvetage de l’économie de 2 000 milliards de dollars. 

L’ASCAP (American Society of Composers, Authors, and Publishers) a lancé « Music Unites Us« , une nouvelle ressource qui doit permettre de répondre aux besoins des créateurs de musique pendant la pandémie. La plateforme informe les utilisateurs sur la façon de recevoir des redevances ASCAP via le dépôt direct, l’enregistrement des œuvres en ligne, les programmes d’aide financière disponibles et l’accès aux services gratuits des fournisseurs de bien-être ASCAP comme Aaptiv, BetterHelp et Shine.

Le RIAA et MusiCares ont créé un fonds de soutien aux acteurs de l’industrie musicale américaine dont l’emploi a été affecté par les effets du virus. Il aidera notamment à couvrir les frais d’hypothèque et de loyer pour permettre aux professionnels de l’industrie sans emploi de rester chez eux. La Country Music Association et sa fondation ont annoncé une promesse de don d’un million de dollars à ce fonds.

La ville de Detroit a annoncé le Artist Crisis Emergency Fund, qui devrait dépasser les $100 000 et permettre d’octroyer des bourses de $500 aux artistes éligibles.

  • Canada

Mise à jour 05/06/2020

Le 2 avril, la SOCAN (équivalent de la Sacem) annonçait allouer 2 millions de dollars à des « avances de redevances d’urgence ». Ces aides visent « principalement les auteurs-compositeurs et les compositeurs de musique à l’image, dont les revenus ont été compromis par l’impact de cette crise sur l’industrie de la musique, et tout particulièrement ceux qui ont vu leurs spectacles annulés ou leurs productions télé et cinéma suspendues ». Le calcul de ces avances est réalisé selon l’historique de revenus de chacun des membres ainsi qu’en fonction de l’urgence de leurs besoins. La SOCAN a également révélé que d’autres programmes d’aides étaient en cours d’élaboration.

L’ADISQ (Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo) a salué le plan de relance économique du milieu culturel pris par le gouvernement québécois : au total, ce plan ’élève à 400 millions de dollars et le secteur de la musique pourra compter sur une enveloppe dédiée de 33,5 millions de dollars.

Amérique Latine

  • Argentine

À l’Institut national de la musique (INAMU), le délai de soumission des comptes et des compensations sociales pour les candidatures effectuées en 2019 a été prolongé de 30 jours. Les centres culturels recevront 30 millions de pesos, qui s’ajouteront aux 47 millions de pesos déjà annoncés pour les centres culturels formalisés dans les centres urbains, qui disposent de salles de 50 à 300 spectateurs, soit un total équivalent à 1,1 millions d’euros.

  • Equateur

Le gouvernement paye des artistes équatoriens pour qu’ils jouent de chez eux pour 200 dollars. Un fonds d’urgence de 15 millions de dollars destiné à aider les salles de spectacles indépendantes a été créé.

  • Colombie

Le gouvernement a signé le décret 475 du 25 mars 2020 pour aider le secteur culturel. Ce décret met en place une sécurité sociale pour les dirigeants et créateurs. Il modifie temporairement la loi de 2011 afin d’augmenter les fonds des bénéfices pour les représentations publiques des arts de la scène. Il prolonge les délais de paiement des taxes parafiscales et du quota pour le Fonds de développement du cinéma ainsi que les dates pour les Programmes Nationaux de Stimulation et de Concertation.

Néanmoins, ces mesures sont critiquées pour ne pas du tout être adaptées / suffisantes à la crise et délaissent toute une partie de l’industrie culturelle: bibliothèques, musées etc..

  • Mexique

Mise à jour le 16/04/2020

Face à la baisse d’activité dans l’industrie musicale et l’incertitude créée par le virus, l’Association Mexicaine des Producteurs de Phonogrammes et Vidéogrammes (AMPROFON), la Feria Internationale de la Musique pour Professionnels (FIMPRO), le département de la Culture de l’Université de Guadalajara, Relatable (revue digitale) et Casete (distributeur) ont décidé de lancer l’initiative indépendante Música México Covid-19 (MMC-19). L’objectif principal est d’aider les professionnels de l’industrie musicale mexicaine à travers la récolte d’informations et ressources pour leur offrir de nouvelles opportunités. Plus d’informations ici.

Asie et Océanie

  • Australie

Mise à jour 05/06/2020

L’APRA AMCOS, organisme de gestion collective australien versera les redevances sur les performances live du début d’année 2020, au début du mois de mai plutôt qu’en novembre afin d’aider ses membres en difficulté.

Le gouvernement australien a aussi promis un financement d’urgence de 27 millions de dollars australiens pour les arts et plus particulièrement trois domaines spécifiques considérés comme « vulnérables ». Sur cette somme, 10 millions de dollars seront versés directement à Support Act,  une organisation qui vient en aide aux artistes interprètes, musiciens, équipes et autres personnes travaillant dans l’industrie. 10 millions de dollars seront destinés aux artistes et organisations régionales pour aider à développer de nouvelles œuvres et explorer de nouveaux modèles de prestation. Le reste de la somme bénéficiera aux programmes d’arts autochtones.

Un plan de 345 millions de dollars australiens a été mis en place par Live Performance Australia (LPA) pour relancer et reconstruire l’industrie du live. Ce plan prévoit notamment 90 millions de dollars AU pour un « Business Reactivation Fund » comprenant des investissement capitaux destinés à relancer les entreprises et les productions d’arts du spectacle pour les aider à redémarrer, ainsi qu’un soutien au revenu pour les entreprises et les particuliers afin de conserver les emplois. Ce programme comprend aussi des incitations importantes pour encourager les Australiens à revenir aux spectacles vivants à mesure que les restrictions s’assouplissent.

  • Japon

Mise à jour 29/06/2020

150.000 concerts ont été annulés au Japon jusqu’à la fin mai. Les pertes pour le secteur estimé à 330 milliards de yen = 2.7 milliards d’euros.

Afin d’alléger la pression sur les organisateurs d’événements et les autres acteurs du secteur, la Conférence des promoteurs de concerts et de spectacles en direct du Japon (ACPC), la Fédération japonaise des producteurs de musique (FMPJ) et l’Association japonaise du commerce de la musique (JAME) ont récemment lancé un programme de subvention pour l’industrie du spectacle, J-LOD Live, afin de soutenir les coûts de production et de distribution numérique internationale.

  • Taïwan

Mise à jour 10/04/2020

Le ministère de la Culture (MOC) de Taïwan a débloqué un budget de 1,5 milliard de NT (45,3  millions d’euros) pour soutenir les acteurs de la filière culturelle impactés par le COVID 19. Le plan d’action possède deux volets : le premier, à court terme, (montant de 1,1 milliard de NT, soit 33,2 millions d’euros) et le second, à moyen terme, (montant de 400 millions de NT, soit 12 millions d’euros).

  • Singapour

Mise à jour 29/06/2020

Mise en place d’un fonds de relance par le ministère du tourisme STB (Singapore Tourism Board) qui servira notamment au soutien des événements culturels pour la deuxième partie de l’année.

Un fonds de soutien mis en place par Facebook pour 30 000 entreprises devrait profiter à de nombreuses entreprises de la zone Asie du Sud Est.

Mise en place du fonds de soutien par le National Art Council et notamment le « Digitalization grant » qui sera détaillé à partir du 14 avril. Un fonds de soutien global de l’équivalent de 19 % du PIB a été déployé (environ 61.3 Mds d’euros). De manière générale, les autorités anticipent une récession entre -4 et -7 %.

Il n’y a pas eu de soutien spécifique à la filière musicale en revanche des initiatives de charity se sont multipliées (United We Stream etc.). Cela s’applique à tous les pays asiatiques.

  • Corée du Sud

Mise à jour 29/06/2020

Quelques aides et un plan de soutien ont été mis en place par la Korean Artist Welfare Foundation et l’Art Council Korea mais leur niveau reste faible.

Entre le 1er février et le 11 avril, 200 concerts ont été annulés 58.8 milliards de won (43 millions d’€) de pertes financières, d’après la Recording Label Industry Association of Korea.

  • Inde

Mise à jour 29/06/2020

Les pertes sont évaluées à 80 % du chiffre d’affaires d’après Indian Music Industry.

Afrique

  • Côte d’Ivoire

Mise à jour le 20/04/2020

Face à la fermeture des lieux de spectacle, des restaurants et des bars, le ministère de la Culture et de la Francophonie a mis en place un plan d’urgence destiné à déterminer les mesures de l’accompagnement financier auprès des opérateurs culturels non étatiques ainsi que des auxiliaires de la création d’œuvres littéraires et artistiques. Dans ce cadre, la ministre de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire, Raymonde Goudou Coffie, a déclaré que le Bureau ivoirien des droits d’auteurs (Burida) effectuerait un « don » s’élevant à 500 millions de francs CFA, soit 762 000 €, à ses artistes sociétaires, au titre du paiement anticipé des droits d’auteur et des droits voisins.

  • Afrique du Sud

Mise à jour le 4/05/2020

La SAMRO (équivalent de la Sacem) a accéléré la distribution des redevances à ses membres. 63 millions de rands (3,35 millions de dollars) ont ainsi été versés pour les redevances TV et 141 millions de rands (7,5 millions de dollars) de redevances dans la catégorie Radio, ce qui en fait la distribution la plus élevée de ces cinq dernières années.

Mark Rosin le PDG de l’organisation a indiqué que la SAMRO aiderait autant que possible ses membres à accéder au fonds mis à disposition par le ministère des arts et de la culture pour indemniser les artistes-interprètes lorsque des spectacles ont été annulés. Il a aussi déclaré qu’il tenterait de convaincre les diffuseurs d’accroître leur utilisation de la musique locale et qu’il cherchera à obtenir le soutien du gouvernement à cet égard.

L’Association des compositeurs, auteurs et éditeurs sud-africains, la CAPASSO a versé 29 millions de rands (environs 1,6 millions de dollars) à ses 4000 membres.

  • Sénégal

Les pertes du secteur ont été estimées à 6 milliards de dollars sur un trimestre par une enquête menée conjointement par la société nationale de gestion collective des droits d’auteur et droit voisin (Sodav) et l’Association des Métiers de la Musique au Sénégal (AMS).

Le président de la république sénégalaise a alloué, dans le cadre du fonds de riposte Force Covid-19, un montant de 3 milliards de Francs CFA au secteur des arts et de la culture. La gestion de cette ressource sera organisée par un comité de pilotage composé de représentants du ministère de la culture et de la communication et sera ouvert aux représentants des différents sous-secteurs, choisis par les acteurs.  Ce comité de pilotage définira les orientations et mécanismes de gestion du fonds, sa répartition par sous-secteur, et supervisera et contrôlera son utilisation par les différents bénéficiaires, en veillant à la transparence et à l’équité.Des sous-comité sectoriels auront pour missions de définir la liste des bénéficiaires dans le respect de critères d’éligibilité arrêtés par les acteurs. Ces sous-comités concernent les secteurs du cinéma, du livre et de l’édition, du patrimoine culturel et des arts.

Une liste des politiques publiques en soutien aux ICC dans le monde a aussi été dressée par KEA ici.

Les demandes de la filière et la quantification des pertes financières

Dans un rapport de publié au début du mois d’avril Pollstar estime que les revenus de l’industrie pourraient souffrir d’une perte de 9 milliards de dollars de ventes de billets en 2020, une baisse sans précédent dans le secteur des musiques actuelles.

L’ICMP, International Confederation of Music Publishers, a envoyé une lettre ouverte aux gouvernements du monde entier les exhortant à mettre en œuvre des programmes de soutien à un secteur qui est « derrière presque tous les morceaux de musique que vous avez entendus ». L’ICMP demande ainsi l’admissibilité de toutes les sociétés d’édition musicale aux programmes nationaux d’aides financières COVID19 et aux actions futures, la durabilité des aides, l’incitation au lancement de programmes internationaux ou multinationaux dans le secteur et l’accès aux informations de façon centralisées, pratiques et concises sur ces programmes sur des sites internet gouvernementaux ou propres à la crise du COVID19.

Europe

A l’échelle européenne, plusieurs associations se mobilisent pour formuler les besoins de soutien au secteur musical.

Impala, l’association européenne des labels et éditeurs de musique indépendants a mis en place « COVID-19 Task force » le 20 mars 2020, afin d’aider ses membres à faire face à la crise sanitaire mondiale. L’association appelle à une action urgente dans toute l’Europe. Le groupe de travail a publié un ensemble de 10 recommandations aux niveaux national, européen et sectoriel. L’association recommande avant tout une approche commune à travers l’Europe.

Yourope, l’association des festivals européens, qui regroupe 90 festivals, a publié une lettre ouverte intitulée « Festivals Stand United Across Europe » dans laquelle elle appelle à l’unité pour faire face à la crise sanitaire. L’association rappelle aussi que les festivals de cet été ne sont pour le moment pas impactés par l’épidémie et indique que les festivals se solidarisent avec les plus petits acteurs de l’industrie plus gravement touchés par les mesures mises en place et se positionnent comme « l’élément crucial de la survie de cette industrie. »

L’annonce du plan de relance économique européen par Ursula Von Der Leyen a suscité de nombreuses critiques portant en particulier sur l’absence de mesures concernant la culture et la création dans ce plan de 750 milliards d’euros alors que le secteur culturel européen représente 500 milliards d’euros et 7 millions d’emplois.

  • Espagne

Alors que l’Espagne dispose d’un des marchés de la musique enregistrée les plus porteurs au monde, avec une croissance de 22,5% en 2019, Promusicae (équivalent du SNEP) a estimé que les pertes liées à la pandémie s’évalueraient à plus de 100 millions d’euros.

La Federación de la Música de España, Es_Música, qui représente 9 organismes professionnels de la musique en Espagne a proposé des mesures d’urgence et des mesures spécifiques pour répondre à la crise. Parmi les mesures d’urgence, on retrouve l’application du concept de « force majeure » pour permettre la suspension ou le report des événements musicaux programmés avant l’état d’urgence et dont la célébration est prévue pour 2020 mais également un ensemble de propositions liées à l’adaptation des financements de l’Etat, à la flexibilité des réglementations et à la protection des travailleurs. Les mesures spécifiques proposées concernent quant à elles majoritairement les aides financières pour soutenir les différentes entreprises de l’industrie musicale espagnole, en particulier le secteur du live.

Retrouvez le détail des propositions de la fédération ici.

  • Allemagne

Mise à jour le 03/07/2020

L’Association allemande des musiciens, qui siège au Conseil allemand de la musique, revendique un revenu de base de 1 000 € net limité à six mois pour tous les membres de la caisse d’assurance sociale des artistes et met en garde « contre l’effondrement imminent de la scène culturelle et créative en raison des pertes massives de revenus dans ce secteur ».

Dans un communiqué commun en date du 27 mars, une dizaine d’organisations de la filière ont établi des prospectives chiffrées de l’impact de la crise sanitaire sur l’ensemble du marché de la musique en Allemagne. Prenant en compte les conséquences directes (annulation des événements) et indirectes (baisses anticipées du volume des ventes dans plusieurs secteurs), l’estimation globale de perte de chiffre d’affaires porte sur une durée estimée de 6 mois des mesures actuelles et atteint un montant de 5,456 milliards d’euros, laissant l’industrie musicale allemande face à un avenir incertain.

Un communiqué de presse en date du 6 mai 2020 signé par les organisations de représentation de la filière et OGC allemandes chiffre les demandes de fonds supplémentaires au gouvernement détaillées par secteur. Le montant total de ces demandes atteint 582 millions ce qui correspond à 10% de la perte de chiffre d’affaire anticipée par les différents secteurs de la filière musicale.

« Chacun doit savoir que la préservation de la diversité de notre offre culturelle et musicale est actuellement en jeu » alarme Jens Michow, président du BDKV (équivalent allemand du Prodiss). Une partie importante du tissu entrepreneurial de la filière musicale allemande voit son existence menacée par des pertes substantielles de chiffre d’affaire, qui atteindraient un montant total d’environ 5,5 milliards d’euros selon les calculs conjoints des OGC et organismes de représentation. La moitié des artistes, auteurs et entreprises de l’industrie seraient menacés d’insolvabilité d’ici à la fin de l’année 2020 sans fonds supplémentaires. Les signataires du communiqué saluent l’ampleur des aides déjà décidées par l’État allemand mais regrettent qu’une partie conséquente des acteurs de la filière musicale ne soit pas ou peu concernés par celles-ci.

Le marché de la musique a la caractéristique particulière d’avoir des acteurs fortement imbriqués dans des chaînes d’activité communes, ce qui rend l’activité d’un secteur dépendante de la solvabilité des autres. Cet aspect nécessite une réponse globale qui prendrait en compte l’intégralité des difficultés subies par la filière selon Mark Chung, président du VUT (équivalent de l’UPFI). Ce constat est partagé par les représentants des autres secteurs qui ont donc fait le choix de s’exprimer conjointement sur la question.

Dans le détail, la déclaration demande au gouvernement de débloquer des aides non remboursables qui se ventilent ainsi:

  • 37 millions d’euros pour les musiciens,
  • 44 millions pour les clubs et petits festivals,
  • 365 millions pour les producteurs de spectacle, tourneurs et agents d’artistes,
  • 45 millions pour les grands festivals,
  • 21 millions pour les auteurs,
  • 15 millions pour les éditeurs,
  • 25 millions pour le secteur phono (incl. recorded artists) 
  • et 30 millions pour celui du commerce d’instruments.

Le montant total atteindrait 582 millions d’euros.

La filière musicale allemande emploie 130 000 indépendants et salariés et génère un chiffre d’affaire de 11,1 milliards d’euros par an. « Au-delà de l’aspect économique, l’industrie de la musique est essentielle pour la cohésion de la société et apportera une contribution importante sur le chemin du retour à la normalité » selon le communiqué signé par 10 piliers de la filière musicale allemande.

Les signataires  du CP sont : BDKV (équivalent PRODISS), BVMI  (équivalent SNEP), BV POP – Association fédérale de la musique populaire, DMV (équivalent CSDEM), EVVC – Association européenne des centres d’événements e.V., GEMA  (équivalent SACEM), GVL  (équivalent SPRE), LIVEKOMM (équivalent FEDELIMA), SOMM – Society Of Music Merchants e. V., VUT (équivalent UPFI)

Dans un communiqué de presse du BDKV du 4 juin 2020, Jens Michow a réagi aux dispositions du programme “Neustart Kultur”, qui selon lui ne fait pas état des besoins spécifiques du secteur événementiel. Il demande la mise en place d’un programme de transition à hauteur de 3,75 milliards d’euros, montant justifié selon lui par la prolongation des restrictions sur les lieux de rassemblements des publics qui serait source de pertes de 90% des recettes du secteur tout en augmentant ses dépenses de 20%. Les aides au secteur devraient être prolongées pour le secteur événementiel qui a été mis à l’arrêt par la pandémie, et dont une part substantielle des structures qui le composent menacent de faire faillite à court terme.

50 agences de booking et promoteurs berlinois se sont fédérées au sein du groupement Booking United pour faire entendre la voix de ce sous-secteur sur lequel l’impact de la crise est profond et durable. Ils demandent la mise en place d’un soutien spécifique de dédommagement des frais d’annulation des dates de 60% pour les cachets de moins de 1.000€ et de 40% au delà et jusque 2.500€. Le groupement se positionne ensuite pour l’établissement d’un calendrier fiable du redémarrage des activités des clubs et de la visibilités sur les nouvelles normes sanitaires. Enfin, Booking United demande un remaniement des aides d’urgence déjà en place pour en élargir le champ (notamment permettre aux dirigeants de se rémunérer a minima pour subvenir à leur besoin) et en accroître le montant. Dans un communiqué du 12 juin, Booking United a fustigé l’absence de prise en compte des situations des entrepreneurs dont les seuls revenus sont les minimas sociaux dits “Hartz IV”. Les membres signataires demandent au gouvernement une prise en considération plus large de leurs difficultés.

Le Conseil allemand de la musique (Deutsche Musikrat) et la Conférence des conseils régionaux de la musique (Konferenz der Landesmusikräte) exigent un paiement mensuel forfaitaire d’au moins 1 000 euros pour les solistes indépendants dans un communiqué commun en date du 11 juin. C’est une revendication récurrente du Musikrat depuis la mi-mars mais qui n’a pas été implémentée par les pouvoirs publics spécifiquement pour les solistes indépendants dont la situation est alarmante selon les termes du communiqué.

Le dialogue continue entre les OGC et organismes de représentation de la filière qui ont à nouveau fait part de leurs inquiétudes en vue de la Commission Médias et Culture du Bundestag le 28 mai 2020. Les acteurs de la filière ont pu être entendus par la Commission et exprimer le besoin du maintien des aides notamment pour les secteurs du spectacle et des clubs qui ont subi un arrêt total de leurs activités. Même lorsque ces activités peuvent reprendre, elles sont soumises à des règles d’hygiène qui évacuent la possibilité de rentabilité des établissements. La suite des débats concernera donc la négociation des normes d’hygiène qui permettront de garantir la sécurité du public et l’ouverture des clubs dans des conditions acceptables.

Dans une lettre ouverte adressée à la GVL, également envoyée au ministère de la justice ainsi qu’à l’Office allemand des brevets et des marques, 50 artistes et labels indépendants ont critiqué les dispositifs mis en place par la GVL. L’aide d’urgence de 250 euros est considérée comme insuffisante, de nouveaux retards dans les versements et les conditions inutilement difficiles pour les paiements anticipés sont également soulignés. Cette lettre intervient dans un contexte d’ouverture de la GVL à la voix des indépendants, le VUT (équivalent UPFI) ayant intégré la structure en tant que sociétaire cette semaine (cf. article dédié).

Une liste détaillée des besoins financiers des acteurs concernés est disponible ici.

Le rapport détaillé sur les pertes prévisionnelles filière daté du 25 mars 2020 est disponible ici.

  • Suisse

Mise à jour le 22/06/2020

Des associations comme la SVTB (Association Suisse des Techniciens de Théâtre et de Spectacle) et l’Association suisse des promoteurs de musique (SMPA) ont demandé – sans succès – la prolongation du régime d’indemnisation pour les personnes travaillant dans l’industrie de l’événementiel jusqu’à la fin du mois d’août. La SMPA demande en outre que l’aide d’urgence pour les entreprises et les professionnels de l’industrie créative soit prolongée jusqu’à la reprise des activités « normales » (c’est-à-dire la fin de la crise du coronavirus).

  • Pologne

Mise à jour le 12/06/2020

La SAWP (association des artistes) a lancé une plateforme en ligne pour la retransmission des live streams ou la rediffusion de performances d’artistes polonais (https://zostanzmuzyka.pl/ ).

Les organismes de gestion collective polonais ont lancé un appel au Premier ministre demandant: 

  • Un soutien financier unique ou échelonné pour les auteurs et les interprètes qui ont perdu leurs revenus à la suite d’événements annulés. 
  • Un fonds supplémentaire pour compenser les artistes pour les événements annulés suite aux mesures préventives prises en raison de l’épidémie. 
  • Un règlement contraignant les stations de télévision et de radio publiques à augmenter le nombre de programmes diffusant de la musique, du théâtre et des films polonais.  
  • Une restriction des exonérations de cotisations de droits d’auteurs et droits voisins qui avaient été décidées par voie légale le 31 mars 2020.

Un sondage réalisé par Music Export Poland auprès des professionnels de la musique et artistes polonais a permis de dégager des perspectives sur l’atteinte de la crise sur la filière locale ainsi qu’un certain nombre de lignes de revendication des acteurs. La filière prévoit la perte d’environ 15 millions de zlotys (3,3 millions d’euros) entre mai et décembre 2020 et appelle le gouvernement à lancer de nouveaux programmes d’aide, à prendre des mesures de protection de la créativité polonaise, à soutenir davantage la formation en ligne en organisant des ateliers et programmes orientés vers la filière et à opérer à des clarifications et allègements fiscaux.

Les professionnels du live polonais ont lancé l’initiative OTWIERAMY KONCERTY #gramybezpiecznie pour la réouverture des salles et lieux de spectacle. Par cette initiative ils en appellent à des règles claires pour l’organisation d’événements artistiques. Ils dénoncent les insuffisances et le caractère inadapté de certains éléments de la réglementation actuelle. Ces dispositions empêchent le secteur d’envisager la reprise de ses activités. Les signataires de l’appel demandent la mise en concordance des règles de sécurité des événements culturels avec qui régissent les autres types de rassemblement, en particulier les matchs de football. Ils réclament la fin de la limitation des jauges pour des événements en plein air, actuellement de 150 personnes, pour un ratio proportionnel à l’espace disponible.

La crise a été l’occasion de se pencher sur la question des droits de copie privée, qui sont en Pologne 100 fois moins collectés qu’en France ou 10 fois moins qu’en Hongrie. Une mise à jour de la législation est appelée des voeux du syndicat des musiciens polonais. Une adaptation de la législation permettrait aux OGC d’avoir des capacités d’amortissements supplémentaires face à la crise sanitaire.

  • Pays-Bas

Mise à jour le 22/06/2020

La filière live néerlandaise estime les pertes à 3,5 milliards d’euros, ce qui correspond à 50% du chiffre d’affaires de l’année. La société des artistes-interprètes/producteurs SENA constate une baisse de 30 % en termes de droits collectés. 

Les agents et tourneurs néerlandais ont manifesté leurs demandes aux autorités dans une tribune et souhaitent :
– Pouvoir rejoindre des organisations de la filière telles que la Popcoalitie.
– Plus d’implication et de coopération avec les OGC.
– Un gouvernement néerlandais qui comprenne la complexité des opérations de l’ensemble de l’écosystème du secteur de la musique live qui regroupe plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Plusieurs agences indépendantes néerlandaises telles que Blip Agency, Belmont Bookings, Black Rice Booking, Earth Beat, Good Music Company, Octopus Agents et Sedate Bookings se sont également réunies au sein du collectif United Independent Music Agencies. Le collectif demande de solides accords européens sur la période à laquelle les concerts seront à nouveau autorisés et dans quelle mesure ils le seront.

Selon la fraîchement créée Alliance of Events Builders (Alliantie van Evenementenbouwers), une organisation qui regroupe notamment l’association des promoteurs VVEM et l’organisme chargé de la représentation des festivals et des événements VNPF, le secteur du spectacle vivant est « optimiste » à propos d’une récente conversation avec des ministres, qui ont invité les représentants de l’association à « parler davantage de compensation financière » et ont discuté d’une initiative « pour examiner conjointement ce qui est possible dans le secteur des événements ». Pour le moment les montants des éventuelles compensations financières gouvernementales n’ont pas été communiqués.

  • Royaume-Uni

Mise à jour le 02/06/2020

Musicians’ Union, qui est le principal syndicat de l’industrie de la musique britannique, a réalisé une enquête révélant que ses membres musiciens britanniques ont perdu 20 millions de livres, la somme continuant d’augmenter.

Le MMF (Music Managers Forum) a réalisé une enquête auprès de ses membres et a obtenu 176 réponses révélant que les secteurs les plus touchés étaient d’abord le live puis la musique enregistrée. Les pertes de revenus dues aux annulations sont estimées à 66 millions de livres brut tandis que les pertes de revenus liés au live à venir sont estimées à 63,2 millions de pounds.

Music Venue Trust, estime que plus de 550 sites populaires sont immédiatement menacés de fermeture, entraînant la perte de plus de 5 000 emplois, l’annulation de 100 000 concerts.

Les études de la Music Producers Guild révèlent que 48% des studios d’enregistrement commerciaux pourraient fermer leurs portes sans soutien de la part du gouvernement. La MPG a donc demandé une extension de l’allègement des taux

Tom Watson le PDG de UK Music, exhorte le gouvernement de travailler avec les représentants de l’industrie musicale pour mettre en place un plan d’aide à long terme pour l’ensemble de l’industrie qu’il qualifie de « Marshall Amp Plan« .

La Night Time Industries Association (NITA) a appelé à un «soutien sectoriel» à l’économie des événements alors qu’elle planifie sa sortie de la crise des coronavirus. La NITA a déclaré que les entreprises d’événements rencontrent toujours des difficultés si elles ne peuvent pas ouvrir ou opèrent à un niveau d’activité considérablement réduit, et ont demandé comment elles pourraient couvrir la proportion de congé dans Septembre et octobre.

  • Irlande

L’Arts Council d’Irlande estime à 117 000 le nombre d’événements qui seront annulés en 2020 par les organisations qu’il finance, pour un déficit net estimé à 6,4 M€.

  • Russie 

Mise à jour le 05/05/2020

Contrairement à d’autres pays européens , le gouvernement russe n’a pas encore fourni d’aide financière directe à différents secteurs. Pour faire face à cette lacune, les promoteurs de spectacles et membres de l’industrie musicale russe se sont regroupés au sein d’une association.

  • Grèce

Mise à jour le 07/05/2020

17 000 musiciens, artistes personnels techniques et professionnels de la création se sont réunit sous la bannière « Support Art Workers » afin de dénoncer l’absence de mesure prise par le gouvernement dans le secteur culturel.

  • Autriche

Mise à jour le 22/06/2020

Les principaux acteurs culturels autrichiens fédérés dans le Kulturrat ont détaillé leurs revendications dans une lettre ouverte au gouvernement le 29 mai 2020. Ils considèrent que les mesures du Härtefallefonds n’ont pas été compliqués et engagent les ministères concernés à accomplir les cinq objectifs suivants :

  • Subventions ou prise en charge des frais de fonctionnement courants pour les locaux qui ne peuvent être utilisés (salles d’événements, studios, salles de répétition, ateliers, etc.), tels que le loyer, l’énergie et les frais de communication
  • Couverture de la perte financière subie pendant la durée de l’action, à partir du 10. 3. jusqu’à la fin de l’année au moins
  • Subventions pour les frais de personnel dans les cas où les mesures de chômage partiel ne sont pas applicables. Ce dernier n’a été possible que dans quelques cas, car les contrats de travail “continus” comme condition préalable au chômage partiel sont l’exception dans tout le secteur. Le chômage dans le secteur culturel autrichien a de fait fortement augmenté.
  • Soutien aux investissements pour les adaptations aux nouvelles normes sanitaires
  • Élargissement des mesures d’aide aux associations et organisations à but non-lucratif. Des précisions à ce sujet ont été programmés au 4 juin par le gouvernements dans ses annonces concernant le Härtefallefonds.

Un rassemblement sur la Heldenplatz à Vienne dimanche 15 juin a appelé à des mesures de soutien spécial pour toute l’industrie événementielle. Stiletto Stohl, fondateur de l’entreprise de production IG Event Technicians se trouve à l’initiative de ce rassemblement nommé « Ohne uns » (« Sans nous »). Les manifestants ont demandé au gouvernement ce qu’ils considèrent comme une aide attendue depuis longtemps pour le secteur du spectacle vivant. Stiletto Stohl a déclaré que l’industrie est un contributeur net à l’économie, et n’a pas besoin de traitement spécial – simplement d’une aide et d’un secours ciblés pour faire face à la crise.

Parallèlement à cela, le Kulturrat a publié le 18 juin un nouvel appel qui comprend des revendications sur quatre volets:

  • l’application des mesures qui ont déjà été annoncées mais dont la mise en oeuvre tarde à se faire jour (eg: les aides pour les artistes indépendants n’ont à ce jour toujours pas été versées)
  • la mise en place de mesure transitoire de reprise de l’activité culturelle (eg: le remboursement des dépenses supplémentaires pour les mesures d’hygiène)
  • la négociation d’aides “anticipatoires” des difficultés à long terme que va subir le secteur culturel autrichien (eg: “un soutien de base aux formats numériques et des modèles de rémunération tournés vers l’avenir”)
  • des changements profonds dans la manière dont est prise en compte la culture par les pouvoirs publics autrichiens (eg: une valorisation annuelle évidente du financement de l’art et de la culture – au moins à hauteur du taux d’inflation).

 

  • Norvège

Le secteur culturel norvégien pourrait avoir perdu 36% de ses revenus en avril 2020 en raison des effets de la pandémie de coronavirus. La perte économique varie en fonction des secteurs: avec une perte de 50%, l’industrie de la musique a été particulièrement affectéealors que le secteur de la littérature a enregistré des pertes de 23%.

Amérique du Nord

  • Etats-Unis

Mise à jour le 11/06/2020

Plusieurs dizaines d’organisations représentant les artistes aux Etats-Unis ont alerté les dirigeants du Congrès des effets du coronavirus sur le secteur de la musique et demandent des mesures « audacieuses et radicales » pour les soutenir en cette période difficile.

Dans une lettre destinée à des membres de la Chambre des Représentants et du Sénat, dont Nancy Pelosi, Présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Kevin McCarthy, Chef de l’opposition à la Chambre, Mitch McConnell, Leader de la majorité au Sénat américain et Chuck Schumer, Chef de l’opposition au Sénat américain de la majorité et de l’opposition, une coalition d’une quarantaine d’organisations représentant artistes et auteurs de chansons indique que sans aide spécifique « de nombreux membres de notre communauté se retrouveront sans abri, sans nourriture et incapables de subvenir à leurs besoins médicaux ». Les signataires indiquent que les mesures discutées par le Congrès actuellement ne prennent pas en considération la nature particulière du secteur créatif ; ou la plupart concernent des salariés, ce qui est rarement le cas des professionnels du secteur. Ils proposent l’équivalent d’un congé payé d’urgence, ainsi qu’un accès à l’assurance-chômage d’urgence, mis à la disposition de ceux qui ne peuvent pas travailler en raison d’une performance annulée ou d’un arrêt de production. « Ce fonds et l’élargissement de l’accès à l’assurance-chômage permettraient à des centaines de milliers de familles à travers le pays de continuer à payer le loyer, à mettre de la nourriture sur la table et à prendre soin de leurs enfants pendant cette urgence de santé publique », soulignent les auteurs de la lettre comprenant des sociétés de gestion collective (ASCAP, BMI, GMR, SESAC et SoundExchange) ; des associations représentant musiciens, artistes et auteurs (AFM, IATSE, SONA, NSAI, SAG-AFTRA) ; des labels (RIAA, A2IM), des éditeurs de musique (NMPA), et des managers (MMF US), entre autres.

Cette initiative fait suite à plusieurs autres propositions et demandes effectuées par des organisations représentatives du secteur. Ainsi, l’Artist Rights Alliance, basée à Nashville, a exhorté le Congrès à veiller à ce que tout programme de secours lié à la pandémie de COVID-19 « prenne en compte la situation des artistes et de nombreux autres travailleurs des industries créatives et de l’économie dans son ensemble ». Les signataires de la lettre demandent donc au Congrès un soutien financier direct qui pourrait immédiatement se substituer aux pertes de revenus des artistes.

Par ailleurs, la Music Artists Coalition (MAC) a envoyé une lettre similaire au Congrès, signée par des dizaines d’artistes – Stevie Nicks, Gwen Stefani, Don Henley, Lizzo, entre autres. « L’industrie de la musique est confrontée à une menace existentielle sans précédent – le secteur de la musique live tel que nous le connaissons a disparu sans avertissement et sans filet de sécurité pour des centaines de milliers de personnes. La MAC estime que les personnes touchées dans l’industrie de la musique sont l’un des secteurs qui ont le plus besoin d’aide gouvernementale« , expliquent-ils.

En outre, la Recording Academy, organisatrice des Grammy Awards, a demandé au Congrès de « protéger les musiciens, les interprètes, les auteurs-compositeurs et les professionnels des studios de notre pays » dans une lettre aux responsables du Congrès. L’Académie est en particulier concernée par les travailleurs indépendants du secteur de la musique live ou des studios, dont les revenus ont tout simplement disparu du fait de la situation créée par le coronavirus.

Enfin, les lieux de spectacles indépendants aux Etats-Unis ont décidé de se regrouper dans le cadre de l’association National Independent Venue Association (NIVA) créée au début du mois d’avril  dont l’objectif est d’obtenir « un soutien financier pour préserver l’écosystème national des lieux et des promoteurs indépendants. »L’association regroupe à ce jour plus de 450 lieux situés sur l’ensemble du territoire, parmi lesquels First Avenue à Minneapolis, 9:30 Club à Washington DC, Pabst Theater Group à Milwaukee, World Cafe Live à Philadelphie, Hotel Cafe à Los Angeles, Red River Cultural District à Austin et Exit/In à Nashville.

NIVA a l’intention de faire pression sur le Congrès et la Maison Blanche pour que le gouvernement fédéral mette en place un plan d’aide et de soutien aux clubs, salles et théâtres touchés par la pandémie. Pour porter leur message auprès des décisionnaires politiques, NIVA s’est assuré les services d’Akin Gump, une société de lobbying de Washington DC, grâce à un financement fourni par See Tickets et Lyte. L’association vient ainsi d’écrire une lettre aux membres du Congrès américain demandant une aide «législative et réglementaire» urgente pour les plus de 800 membres de l’association, dont des ajustements au programme existant de protection de chèque de paie, un régime de prêts, ainsi que des crédits d’impôt pour les billets remboursés.

Une enquête menée par la National Independent Venue Association (NIVA) auprès de ses 2 000 sites membres et promoteurs révèle que 90% d’entre eux pourraient être contraints de fermer définitivement leurs portes au cours des prochains mois, en raison de la pression fiscale des mesures de verrouillage des coronavirus en cours.

L’association des salles de concerts indépendantes a de nouveau insisté sur le fait que les entreprises étaient parmi les premières à fermer à cause de la pandémie et seront probablement parmi les dernières à rouvrir. Le rapport a aussi souligné que ces établissements ne sont pas en mesure de tirer actuellement des revenus, et doivent trouver un moyen de couvrir factures, frais d’assurance et autres dépenses.

Asie et Océanie

  • Australie

Une partie de l’industrie musicale australienne s’est organisée pour former un groupe de travail composé des sociétés majeures du secteur : Chugg Entertainment, Frontier Touring, Live Nation, Live Performance Australia (LPA) et TEG. Leur cri de SOS s’est concrétisé par la création du site internet Sound Of Silence, une initiative visant à soutenir le secteur du spectacle vivant australien.

Parmi les recommandations de Sound of Silence pour sensibiliser le public, différentes actions sont encouragées :

  • acheter des produits de merchandising sur le site SOS dont les bénéfices seront reversés à l’organisation caritative Support Act en charge du soutien aux artistes
  • conserver les billets des spectacles reprogrammés
  • acheter de la musique sur des plateformes en ligne comme Bandcamp

L’Australian Festivals Association (AFA) et l’Australian Music Industry Network (AMIN) ont également crée le site I Lost My Gig afin de recenser les pertes de revenus dues aux annulations et reports d’événements. On estime que le manque à gagner pour le secteur australien s’élève aujourd’hui à environ 165 millions d’euros.

L’association professionnelle du spectacle vivant LPA (Live Performance Australia) a alerté le gouvernent de Scott Morrison sur l’urgence de la situation. Malgré le plan d’aide global de près de 55 milliards d’euros à destination des personnes qui ont perdu leur emploi et les travailleurs indépendants ainsi que le plan d’aide bancaire de soutien pour les petites et moyennes entreprises, la LPA demande une aide ciblée immédiate de 360 millions d’euros pour sauver le secteur du live.

  • Singapour

Création par un collectif de professionnels de la culture réunis au sein d’un groupe Facebook d’un site de surveillance et de recensement des annulations et reports de concerts pour demander une aide de l’état singapourien spécifique au secteur : https://ilostmygig.sg/ilostmygig/

  • Chine

Avec l’annulation de près de 8 000 concerts, pour le seul mois de mars, la China Association of Performing Arts (CAPA) estime que les pertes de revenus issus des ventes de billets s’évaluent à au moins 1 milliards de yuan.

Amérique Latine

  • Mexique

Mise à jour le 26/06/2020

Durant son premier trimestre, CIE (actionnaire à 60% de OCESA) a vu ses revenus chuter de 2,143 millions de pesos par rapport à l’année dernière. 

  • Chili

Les promoteurs chiliens se sont unis pour proposer des mesures au gouvernement.

L’Observatorio Digital de la Música Chilena (ODMC) a mené une étude sur la précarité des professionnels de la musique en cette période et indique que 66% des musiciens interrogés vivent désormais avec moins de 200 euros par mois. L’ODMC indique que 1457 musiciens (76%), 427 professionnels (21%) et 49 entrepreneurs (2%) de l’industrie ont répondu à l’enquête. Cette dernière montre que les 3 catégories de profils les plus touchées par la crise sont : les professionnels indépendants, les PME et entrepreneurs, dont beaucoup dépendant de la filière live. Au moins 35% des interrogés indiquent qu’ils vont devoir licencier des employés, bien que ce chiffre pourrait être en réalité beaucoup plus important.
L’ODMC indique qu’il est possible de parler d’état critique étant donné les conditions précaires des acteurs de l’industrie, sur quoi une future récession économique mondiale est à ajouter. La durabilité de son écosystème sur le court et moyen terme est menacée et indécise.

  • Colombie

Mise à jour le 26/06/2020

L’annulation de concerts a entraîné une perte de 22 000 millions de COP par mois et l’OCESA estime une perte qui pourrait aller de 400 millions à 5 000 millions par événement annulé.

  • Argentine

Mise à jour le 26/06/2020

Les pertes financières sont estimées à près de 100% pour les concerts depuis le début du confinement (les rares live-streaming monétisés représentent des chiffres infimes). Ces pertes s’appliquent donc à la filière du spectacle vivant. Les revenus en concept de droits d’auteur/interprète, la rupture de la chaîne de perception a provoqué une chute d’environ 80% pour les artistes. Les revenus issus du streaming ont quant a eux chuté de 10%. A noter que l’autre source de revenus traditionnel des musiciens, les cours de musique, est aussi presque totalement interrompue, en dehors de quelques cours par internet mais qui sont très loin de représenter une entrée significative pour eux.

Moyen Orient

  • Israël

L’ensemble de l’industrie du divertissement israélienne proteste pour demander une aide gouvernementale pour les 150 000 travailleurs du divertissement dans le pays. Une pétition adressée au Premier Ministre Benjamin Netanyahu a été signée par plusieurs milliers de manifestants. Elle réclame une série de mesures pour alléger les pressions financières qui pèsent sur les travailleurs et l’industrie en générale.

Afrique

La Fondation Music in Africa (MIAF) a publié un rapport évaluant l’impact financier de la pandémie sur les professionnels de la musique en Afrique, à partir de la mise en place de restrictions sur le continent depuis le 1er mars 2020 environ. Il donne également un aperçu des besoins immédiats des acteurs lésés et livre conseils et recommandations aux opérateurs du secteur.
L’enquête révèle que la pandémie a « un impact dévastateur sur le secteur » et l’ensemble des répondants a déclaré l’enregistrement de pertes depuis le début de la crise. 40% des professionnels ont déclaré des pertes allant de 1 000 $ à 5 000 $, et certaines organisations ont signalé des pertes supérieures à 1 million de dollars. 64% des personnes et 70% des organisations et des entreprises ont indiqué ne pas avoir d’autres sources de revenus.
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  • Sénégal 

Le président de l’Association des métiers de la musique du Sénégal (AMS), Daniel Gomes, a annoncé
ce vendredi 27 mars, le lancement d’une enquête pour mesurer l’impact de la pandémie du
coronavirus après la fermeture et l’annulation de beaucoup de manifestations culturelles.