25/05/2020 | Le Bureau Export Paris

USA | Le premier concert post-Covid à Fort Smith dans l’Arkansas

Pour la première fois depuis au moins deux mois, des américains se sont rendus à un concert qui n’était pas virtuel.

Seules 229 personnes ont pu assister le 18 mai au concert du rocker Travis McCready à Fort Smith dans l’Arkansas, qui pour quelques heures est devenu le symbole d’un semblant de retour à la normale et à reçu une couverture nationale.

La salle du concert, Temple Live, un ancien temple maçonnique, a une jauge de 1100 personnes. Le concert était initialement prévu le 15 mai mais il a dû être reprogrammé le 18, suite à l’intervention du gouverneur qui demandait davantage de garanties de la part des organisateurs.

Le fait que le secteur Live ait pu reprendre en Arkansas, même modestement, tient du fait qu’il s’agit d’un des états ayant le mieux maîtrisé la pandémie et qui a eu le moins de cas et de décès. D’autres états tels que le Texas et le Missouri sont aussi en train de relâcher le confinement (même si souvent les protocoles de déconfinement, en particulier les règles pour concerts, ne sont pas encore spécifiés) alors que la Californie et New York, les deux plus importants marchés pour la musique Live, en sont encore loin. D’où l’importante valeur symbolique du concert de Fort Smith.

Dave Poe, un promoteur de concerts basé à New York et cofondateur de l’Independent Promoter Alliance, cité par le New York Times, a qualifié l’événement de « formidable démarrage pour l’industrie. » Lance Beaty, président de la société propriétaire de Temple Live a déclaré qu’il s’agit « [d’] un signe d’espoir pour beaucoup de gens. » Selon lui « il y a un coté expérimental, cependant, sur la façon de le faire fonctionner. »

Et pour cause, Beaty assume le fait d’avoir perdu de l’argent sur l’événement, en particulier car il a dû mobiliser une équipe de 30 personnes pour s’occuper d’un lieu à 80% vide, avec des billets vendus à 20 dollars. Les clients étaient accueillis par du personnel portant des masques chargés de prendre leur température et de leur donner des masques s’ils n’en avaient pas. Leur rôle était aussi de faire respecter les distances de sécurité et la circulation à sens unique, marquée par des flèches au sol. Dans la salle, les sièges étaient quadrillés par des bandes jaunes et pour y accéder, un marquage au sol indiquait les distances de sécurité. Deux guichets étaient ouverts, l’un permettant aux clients de payer pour des boissons et de la nourriture et l’autre pour aller les récupérer.

Pour autant, cette expérience ne semble pas être en passe de se multiplier car la plupart des promoteurs et patrons de salles attendent d’avoir davantage d’informations sur les normes de sécurité. Audrey Fix Schaefer, porte-parole de la récente National Independent Venue Association (association des salles indépendantes), a déclaré au New York Times que les 1600 membres de son organisation avaient à ce jour prévu peu de concerts. « Il y a des endroits où ils pourraient recommencer les spectacles mais ils ne se sentent pas prêts, car ils veulent s’assurer que cela se fera en toute sécurité » , a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, l’économie du secteur sera aussi transformée par les mesures de sécurité. Dans une interview au magazine Rolling Stone, Beaty, l’organisateur du concert, indique que tout le monde va devoir faire des ajustements pour faire fonctionner le système, en particulier artistes et agents. « Au lieu d’une garantie, je donnerai 90% de la billetterie » , dit-il.  « S’il s’agit d’une garantie de 75 000$ ou de 100 000$, comment puis-je couvrir cette garantie si je ne peux vendre que 225 billets? Avec un tel montant, ça fera des billets à 400$. »