10/04/2020 | Le Bureau Export Paris

Chili | Les promoteurs chiliens s’unissent face au virus

Entre les protestations dans le pays qui ont éclaté en octobre dernier et le Covid-19, l’industrie musicale live chilienne est mise à rude épreuve. Les pertes estimées pourraient atteindre 250 millions de dollars et toucher directement 160 000 emplois, soit 70% de la filière live.
Afin d’essayer d’atténuer la situation, une coalition de professionnels de l’industrie du live a décidé de présenter une série de mesures au ministre de l’économie et au Service National des
Consommateurs.

Les représentants de l’association de promoteurs chiliens AGEPEC (Asociación Gremial de empresas productoras de entretenimiento y cultura), la guilde de l’industrie musicale indépendante chilienne IMICHILE, les agences de tickets (Puntotickets, Top Ticket et Ticketek), les réseaux comme le Teatro Caupolican ou le Movistar Arena de Santiago ont élaboré un communiqué intitulé « Plan de rescate urgente para la industria de la música en vivo » (Plan urgent de sauvetage pour l’industrie de la musique live).

La première mesure consiste à s’assurer que tous les billets achetés pour des événements qui n’ont pas pu avoir lieu soient valables en cas de re-programmation. « Cela est vital, puisqu’il s’agit d’un flux de trésorerie stagnant, avec aucune garantie de remboursement » assure la coalition.

Les autres mesures incluent la déclaration de la taxe payée à l’avance par les entreprises ou particuliers ; la prolongation des paiements du prélèvement des impôts pour les 12 prochains mois, l’extension des paiements de visa ou permis de travail pour l’année prochaine, une assurance-chômage pour les travailleurs à temps partiel, la flexibilité de réutiliser les fonds dédiés aux événements désormais annulés et une aide financière d’urgence pour les PME du secteur culturel et créatif.

Pour les professionnels de l’industrie du live, la meilleure alternative reste la re-programmation des événements annulés avant le dernier trimestre de 2020 si possible. C’est le cas du Lollapalooza Chile de Lotus Productions, re-planifié fin novembre au lieu du mois de mars initial. « Nous pensons que nous pouvons surmonter cette situation si nous trouvons les bons outils et si nous profitons des opportunités réglementaires et des allègements fiscaux temporaires », a déclaré le directeur général de l’AGEPEC, M. Jorge Ramirez. Selon lui, il est nécessaire qu’il y ait un compromis entre toutes les parties prenantes, public inclus, tout en soulignant que ce dernier avait été réceptif aux annulations des événements musicaux face à la situation exceptionnelle.

Si la situation continue ainsi, seuls les géants de l’industrie du live survivront, signant la fin des acteurs indépendants de la filière.