10/04/2020 | Le Bureau Export Berlin

Allemagne | Covid : la filière prévoit des pertes à hauteur de 5,5 milliards €

Dans un communiqué commun en date du 27 mars, une dizaine d’organisations de la filière ont établi des prospectives chiffrées de l’impact de la crise sanitaire sur l’ensemble du marché de la musique en Allemagne. Prenant en compte les conséquences directes (annulation des événements) et indirectes (baisses anticipées du volume des ventes dans plusieurs secteurs), l’estimation globale de perte de chiffre d’affaires porte sur une durée estimée de 6 mois des mesures actuelles et atteint un montant de 5,456 milliards d’euros, laissant l’industrie musicale allemande face à un avenir incertain.

Le secteur où les pertes devraient de loin être les plus massives est celui du spectacle vivant. Le BDKV (équivalent allemand du Prodiss), la LiveKOMM (équivalent Fedelima) et la BV Pop (fédération nationale des dispositifs d’accompagnement MA) chiffrent le manque à gagner de l’annulation des tournées en cours et la baisse des ventes de billets à moyen terme à 3,653 milliards d’euros. Selon eux devraient être additionnés à ce montant la perte de recettes estimée à 206 millions d’euros pour les clubs et les petits lieux de diffusion, les frais d’annulation d’environ 550 festivals de petite et moyenne envergure à hauteur de 232,6 millions d’euros et la perte de recettes prévue à 451 millions d’euros pour les festivals de grande ampleur. Le manque à gagner total pour l’intégralité du secteur du live serait donc, selon les prévisions des acteurs, d’environ 4,542 milliards d’euros.

En ce qui concerne l’édition musicale, le DMV (équivalent allemand CSDEM/CEMF) anticipe une perte de revenus de 362,9 millions d’euros. Les éditeurs perdraient selon cette conjecture 60% de leurs revenus liés aux concerts, 25% pour ceux de la diffusion radio/TV, 20% de leurs revenus liés au secteur des musiques enregistrées et 50% de ceux de la diffusion en clubs et restaurants.

La BVMI (équivalent du SNEP) et le VUT (équivalent de l’UPFI) prévoient sur le marché phono des pertes de CA allant de 100 à 150M€ uniquement pour les baisses de ventes physiques. Ils anticipent également des baisses de revenus des droits d’exécution publique ainsi que des pertes de chiffre d’affaires pour les studios d’enregistrement et les usines de pressage. La GVL (équivalent de la SPRE) s’attend quant à elle à des baisses de volume de rémunération pour droits voisins d’environ 100M€, dont 45% côté producteurs phonographiques et 55 % coté artistes interprètes.

Enfin, la Society Of Music Merchants (SOMM), qui représente les fabricants, distributeurs et commerçants d’instruments de musique en Allemagne, anticipe des pertes mensuelles de 50 millions d’euros sur une période de 6 mois, pour un manque à gagner total autour de 300 millions d’euros.

 

 

Les différentes organisations filière accueillent avec gratitude les annonces d’aide effectuées par le gouvernement mais souhaitent que de nouveaux gestes soient dirigés spécifiquement vers les besoins de la filière musicale, sous forme de subventions directes pour les loyers et les salaires par exemple. Les signataires du communiqué se disent prêts à apporter leur soutien et leurs compétences dans l’attribution de telles aides si celles-ci venaient à être mise en place.