23/03/2020 | Le Bureau Export Berlin

GSA l Les aides à la filière en cours de négociation

Le tissu entrepreneurial de la filière musicale est frappé de plein fouet par les mesures de restriction des rassemblements qui mettent à mal les revenus générés par les prestations live, essentiels à la survie de nombreux artistes et professionnels. Face à cette situation inédite, le besoin d’aides financières et de dispositions réglementaires favorables au secteur live est revendiqué par les organismes de représentation de la filière.

En Allemagne, les représentants du spectacle et des indépendants en appellent à des mesures fortes

Prenant la pleine mesure des conséquences possibles sur la filière de la crise sanitaire du Covid-19, le VUT (équivalent allemand de l’UPFI) s’est prononcé pour des mesures importantes afin de protéger les artistes et les TPE des préjudices dus à la suspension des activités du secteur live. Les revendications du VUT portées par le directeur général Jörg Heidemann s’articulent autour de trois axes. Le premier est la demande d’un fonds d’aide au secteur d’un montant de 3,9 milliards d’euros (ce qui correspondrait au CA dégagé par la filière intégrale selon des études récentes). Le second concerne un allègement des conditions de remboursement des dettes contractées par les professionnels de la filière, dont un nombre important est menacé d’insolvabilité du fait des frais engagés pour des dates annulées. Le troisième axe de revendication concerne la clarification au niveau fédéral des mesures d’interdiction des événements, prérogative jusqu’ici réservée au niveau local entraînant des disparités sur les conditions de tenue de concerts au sein d’une même tournée et à l’origine de problématiques d’assurance.

Le VUT se positionne également en faveur du paiement d’avances forfaitaires émanant des organismes de gestion collective, la GEMA (équivalent de la Sacem) en ce qui concerne les droits d’auteur et la GVL (équivalent de la SPRE) en ce qui concerne les droits voisins, afin de soutenir les artistes et créateurs dont les revenus sont amputés par la baisse de l’activité live. Ces demandes ont vocation à sauvegarder « la diversité culturelle en Allemagne » selon les termes de Jörg Heidemann.

Le BDKV (équivalent allemand du Prodiss) a de son côté réagi aux dispositions de soutien à l’économie annoncées par le gouvernement le 13 mars dernier qui consistent notamment en la mise en place d’un programme de crédit illimité pour soutenir l’activité économique allemande. Le syndicat souhaite un élargissement de ces mesures prenant en compte les spécificités du secteur du spectacle vivant particulièrement affecté par la crise sanitaire. Le BDKV demande, en premier lieu, l’assouplissement des règles de remboursement des billets des événements annulés. Ce remboursement devrait être obligatoire seulement si l’organisateur n’est pas capable de reprogrammer la manifestation dans les 365 jours suivant la date initiale. Si cette reprogrammation s’avérait impossible, le BDKV demande en second lieu à ce que la possibilité soit laissée aux organisateurs d’effectuer les remboursements en bons d’achat, afin d’endiguer la menace de crise de liquidité sur le secteur. Le syndicat demande troisièmement à ce que les dépenses engagées pour des événements annulés du fait de la crise du Covid-19 soit dédommagées au moyen d’un fond d’urgence de l’État allemand. Enfin, en accord avec les revendications du VUT, le syndicat en appelle à une harmonisation des mesures au niveau fédéral pour permettre aux acteurs de s’adapter à la crise avec une stratégie globale.

Le secteur de l’édition fait lui aussi part de ses inquiétudes, à travers la prise de parole du vice-président du DMV (équivalent de la CSDEM), Clemens Scheuch. Ses inquiétudes concernent les déficits de liquidités auxquels vont vraisemblablement être confrontés les entreprises du secteur. Les solutions mises en avant par le syndicat relèvent notamment d’allègements fiscaux et de facilités d’emprunts bancaires. Clemens Scheuch soulève également la problématique des pertes de revenus des freelance et travailleurs indépendants, pour lesquels il revendique une inclusion temporaire dans le champ de l’assurance chômage.

Les annonces des dispositions gouvernementales concernant spécifiquement les secteurs de la musique et du spectacle vivant devraient avoir lieu dans les prochains jours.

Un fonds d’urgence pour les labels débloqué en Autriche

En Autriche, les représentations des producteurs phonographiques, à savoir IFPI Austria (équivalent SNEP) et VTMÖ (équivalent UPFI) s’associent et lancent un programme de soutien aux labels domestiques. Le budget initial est d’un million d’euros. Les fonds proviennent de la LSG (équivalent de la SPRE), la société de gestion collective des droits voisins. Le fonds s’adresse aux TPE et PME autrichiennes dont l’existence se retrouverait menacée par la crise du Covid-19.

En plus de cette assistance solidaire interne à l’industrie, l’IFPI Austria réclame avec insistance une part du fonds d’aide de quatre milliards d’euros débloqué par le gouvernement autrichien.