BMC 2019
13/11/2019 | Le Bureau Export Paris

Thaïlande | Retour sur le Bangkok Music City (Bangkok, 01/03 novembre 2019)

Le Bangkok Music City, premier festival et salon professionnel international thaïlandais organisé par la plateforme indépendante de streaming Fungjai, s’est tenu à Bangkok du 1er au 3 novembre 2019. L’événement a réuni des professionnels de tous les secteurs de la filière musicale asiatique mais aussi quelques experts européens et américains autour de cycles de conférences, de pitch sessions et de showcases d’artistes thaïlandais.

C’est la première fois que la Thaïlande accueille un festival et un salon professionnel international dédié à la musique. Sous l’impulsion de Py, Piyapong Muenprasertdee, fondateur du site Fungjai, le festival s’est déroulé autour de différentes thématiques : la question de l’export en Asie (track Music Cities & Music Export), les nouvelles technologies au service de la musique (track Music Technology & Music Professionals) et la présentation de festivals et de services musicaux (track Festival & Business Pitches).

Dans ce cadre, Benjamin Demelemester, expert musiques actuelles au Bureau Export a participé à la conférence « Why do we need a Music Export Office » : échange de bonnes pratiques entre Le Bureau Export (France), Musichelp (Suède) et Live At Heart (Canada). La conférence modérée par Shen Xiaodong de Mentha & Partners vise à envisager l’export de la musique comme un outil de soft power à l’usage des marchés asiatiques.

Showcase du groupe thaïlandais Two Pills After Meal @ Bangkok Music City 2019

Showcase du groupe thaïlandais Two Pills After Meal @ Bangkok Music City 2019

La première édition du Bangkok Music City s’est ouvert avec une présentation globale du marché thaïlandais et de ses principales caractéristiques :

  • Bangkok est la ville qui compte le plus d’utilisateurs actifs de Facebook au monde. Le réseau social est le canal principal de promotion pour la musique.
  • 58.7% des revenus de la filière musicale provient du live. C’est un marché très local qui est largement financé par les marques de spiritueux comme Singha. Quelques festivals comme le Wonderfruit (Pattaya) ou Maho Rasop (Bangkok) s’ouvrent peu à peu à une scène indépendante internationale mais la programmation dominante reste la musique mainstream anglophone.
  • Le streaming est en forte hausse. L’adhésion massive aux plateformes (10.3 millions de souscripteurs en 2018 soit 15 % de la population totale) a structuré la filière thaïlandaise et a permis de lutter contre le piratage. La part des utilisateurs payants a augmenté de 50% de 2014 à 2018.
  • Le leader du streaming se nomme JOOX : une plateforme détenue par la holding chinoise Tencent. La grande majorité des contenus consommés sur JOOX sont la pop thaïlandaise et la KPOP. 70 % des souscripteurs ont entre 18 et 34 ans.
  • La major locale GMM Grammy détient 70 % du marché du divertissement en Thaïlande dont 39 % provient de la musique.

En Thaïlande, comme sur toute la zone asiatique, on assiste à deux tendances majeures paradoxales : une ouverture vers les répertoires mondiaux grâce aux plateformes digitales et dans le même temps une hyperlocalisation des marchés et de la consommation de musique.

Si l’événement a été marqué par la présence d’officiels thaïlandais, le Bangkok Music City a rassemblé des acteurs majoritairement indépendants de l’industrie musicale thaïlandaise et asiatique (Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Chine, Inde, Japon, Mongolie, Corée du Sud et Taïwan). Le salon a également accueilli quelques professionnels australiens, européens et nord-américains.

Consultez la liste des délégués.

À l’instar du Zandari Festa en Corée du Sud, le Bangkok Music City, dont la première édition vient d’avoir lieu, est un point d’entrée stratégique prometteur pour les professionnels français qui souhaitent accéder aux marchés d’Asie du Sud-Est.