15/03/2019 | Le Bureau Export Berlin

Allemagne | Le marché allemand reste stable en 2018

En 2018, le chiffre d’affaires de la musique enregistrée en Allemagne est quasi stable. Il a connu une légère baisse de 0,4% par rapport à 2017 (après -0,3% l’année précédente), comme le montre les chiffres présentés par le BVMI (équivalent du SNEP) le 7 mars 2019. En 2018, le numérique s’est imposé en Allemagne : 56,7 % des ventes ont été générées par les modèles de revenus numériques.

Selon les chiffres, les revenus de vente de musique enregistrée (vente de CD, LP, DVD et téléchargements ainsi que de l’écoute de musique par le biais de services de streaming) se sont élevées à 1,582 milliard d’euros l’an dernier. En 2017, ce chiffre était de 1,588 milliard d’euros, en 2016, il était de 1,593 milliard d’euros.

Le BVMI voit le marché de la musique 2018 « au même niveau que l’année précédente » et considère que « l’industrie musicale allemande [est] dans un contexte de bouleversement numérique, plutôt stable. »

« Après quatre années de croissance, le chiffre d’affaires de l’industrie a atteint un seuil stationnaire pour la deuxième année consécutive, ce qui n’est pas une mauvaise nouvelle » , explique Florian Drücke, CEO de BVMI. « Au contraire, l’industrie allemande de la musique maintient le cap dans la phase actuelle de transformation, même si nous constatons une baisse de 20 % pour le CD, qui continue de contribuer de manière significative aux revenus de l’industrie et qu’il est donc très impactant pour le bilan global. La stabilité du marché est due à la croissance continue et substantielle du streaming audio : une augmentation de 33,5 % à un niveau déjà très élevé. C’est un très bon signe pour les années à venir, car cela indique la volonté croissante des utilisateurs de payer ; la part la plus importante des revenus dans le secteur du streaming audio est finalement générée par les abonnements premium. »

Malgré une décroissance de 19,9%, le CD demeure clairement la 2ème source de revenus après le streaming, avec une part de marché de 36,4%. Les téléchargements ont contribué à 7,8% du chiffre d’affaires, suivis par le segment Vinyl-LP, qui n’a pas pu poursuivre son ascension fulgurante des dix dernières années et fait face en 2018 à un recul de 5,2% : il représente ainsi 4,4% du marché global.

Fin 2017, le CD était encore le format ayant le chiffre d’affaires le plus élevé d’Allemagne avec une part du chiffre d’affaires de 45%, mais à la fin du premier semestre 2018, les services de streaming sont devenus, pour la première fois, le plus gros générateur de revenus des maisons de disques sur le marché allemand de la musique.

La faible part du streaming vidéo dans les ventes par rapport au streaming audio est frappante dans le bilan annuel 2018 : « Un message à tous ceux qui sont toujours d’avis que les plateformes dont le contenu est rendu disponible par les utilisateurs ne devraient pas avoir à payer de licences plus élevées : selon des études récentes, les fans consomment de la musique à peu près au même niveau via des offres de streaming audio et vidéo. Cependant, cela ne se reflète en aucun cas dans le chiffre d’affaires de la filière. Alors que le streaming audio représente aujourd’hui près de 50% des revenus de l’industrie, la musique diffusée via les services vidéo ne retourne que 2,4% au secteur créatif et à ses partenaires » explique Florian Drücke.