28/01/2019 | Le Bureau Export Paris

Monde | Aya Nakamura intrigue la presse internationale

Aya Nakamura serait-elle l’artiste à suivre en 2019 ? Primée à l’échelle européenne, dans la catégorie RnB/Urban du Music Moves Europe Talent Awards et perçue par les médias et le public comme l’étoile montante de la pop urbaine française, elle intrigue l’Europe et fait parler d’elle de l’autre côté de l’Atlantique. Tour d’horizon médiatique.  

Le titre « Djadja » a révélé Aya Nakamura à l’international : classé en tête des charts néerlandais pendant 4 semaines consécutives, et diffusé en radio en Europe, au Canada, en Amérique Latine, au Moyen-Orient et en Afrique de l’Ouest.
Il est charté en Allemagne, Belgique, Suisse, au Portugal, en Suède, en Roumanie, Bulgarie, Turquie ou encore en Israël, et a figuré pendant 18 semaines dans le Top 100 Shazam Monde. Le clip, quant à lui, atteint 300 millions de vues sur Youtube.

Le titre, devenu viral, suscite alors l’intérêt de médias internationaux dit « tastemakers » tel que Clash Magazine au Royaume-Uni (Aya Nakamura is a Viral Sensation).

La sortie de son deuxième album Nakamura sur le label Rec 118 / Parlophone / Warner France, certifié disque de platine en France, renforce l’intérêt des médias musicaux et du grand public qui tentent de décrypter le nouveau phénomène.

La langue en question

En France, on se penche sur les paroles de l’auteure-interprète et on s’interroge sur l’utilisation de la langue, à l’instar de Yard qui titre « En Catchana : pour ou contre comprendre le sens des mots ? » ou encore Slate qui lui consacre un paragraphe « Explications de texte« . A l’étranger aussi, on se questionne sur les termes employés par Aya Nakamura. Au Pays-Bas, premier pays hors France où Nakamura est Disque d’Or, le titre « Djadja » est repris et traduit en néerlandais par des youtubers tels que Xerxes. Désigné chanson de l’année (lied van het jaar) par le quotidien national Volkskrant. Celui-ci attribue à l’album la note de 4 étoiles , tente lui aussi de percer les mystères de la langue employée par la chanteuse. Dans son entrevue avec l’artiste en décembre dernier, un paragraphe est consacré au « langage de la rue » (Taal van de straat) : ce qui séduit c’est donc l’emploi d’expressions populaires, fidèle à la façon de parler de l’artiste dans sa vie quotidienne et proche de la manière de s’exprimer de ses auditeurs. Ce sont ces codes qui parlent aux auditeurs francophones et qui dépassent les frontières… Les frontières et les océans, puisque le single « Djadja » a été playlisté par la National Public Radio (NPR) aux USA qui classe le titre dans ses tops « Our 2018 Songs of Summer » et « The 100 Best Songs of 2018« .

Aya Nakamura, une nouvelle facette de l’afro-pop

Décrit comme un « instant classic » par NPR, « Djadja » fédère influenceurs, footballeurs et auditeurs autour de sa mélodie chaloupée entre rythmes afro-carribéens, reggaeton et RnB. Plus largement, les titres qui composent l’album Nakamura intègrent des influences de musiques urbaines comme le RnB ou le hip hop, et mêlent des éléments de musiques traditionnelles maliennes comme la kora.
A l’heure où l’afro-pop s’illustre de plus en plus sur la scène mondiale grâce à des artistes comme Yemi Alade, Davido ou Wizkid, Aya Nakamura fait figure de nouvelle ambassadrice.

« Met nieuwe toppers als Aya Nakamura heeft de afropop geen helpende handjes meer nodig. »

Volkskrant, « Aya Nakamura’s nieuwste album is minstens zo leuk als die vooruitgesnelde girlpower-single Djadja (vier sterren)« 

Aya Nakamura, un modèle de girlpower ?

Pour les médias étrangers, Aya Nakamura n’est pas seulement la figure montante de la pop. C’est aussi un modèle pour les femmes en quête d’empowerment.
Pour le webzine OkayAfrica, dédié aux cultures africaines et consulté par les diasporas africaines, la chanteuse fait partie des femmes noires qui ont fait bouger les choses en France (The Black Women Who Made Big Strides in France in 2018), aux côtés de l’écrivaine et Prix Nobel Maryse Condé et de l’illustratrice pour enfants Madina Guissé. Elle offre ainsi un modèle d’identification aux femmes noires en France, dont la représentation médiatique reste encore à développer.
Au Royaume-Uni comme aux Etats-Unis, les médias comme Dazed, The Guardian ou The Fader reveiennent sur l’image féministe associée à Aya Nakamura. Si « Djadja » ou « Copines » sont devenues des hymnes de rébellion face à certains comportements masculins, les motivations de la chanteuse sont plus personnelles qu’engagées. Dans une interview accordée à Dazed, elle en relativise la portée et explique que ses chansons reflètent son quotidien. Dans un entretien publié le 23 janvier, elle souligne dans les lignes de The Guardian la pression associée à l’image idéalisée de la « all-powerful black woman« . Elle insiste sur sa simplicité et assure que son quotidien reste inchangé depuis le succès. Ainsi, dans le portrait Gen F que le magazine américain The Fader lui a consacré, elle affirme être restée la même jeune femme qui jongle entre vie professionnelle et familiale.

Aya Nakamura est le visage de ces femmes du quotidien qui s’affranchissent des règles et du regard des autres pour construire un parcours à leur image. Un parcours réussi puisqu’elle est nommée aux Victoires de la musique 2019, dans la catégorie « Chanson de l’année » et « Album de musique urbaine de l’année ».

Sources : 

NPR : Our 2018 Songs of Summer, juin 2018 – The 100 Best Songs of 2018, décembre 2018
Clash Magazine, octobre 2018
Yard, novembre 2018
Slate, novembre 2018
Volkskrant : chronique d’album, novembre 2018 – interview, décembre 2018
The Fader, novembre 2018
OkayAfrica, décembre 2018
Dazed, janvier 2019
The Guardian, janvier 2019