29/10/2018 | Le Bureau Export Paris

Europe | La commission européenne valide l’acquisition d’EMI par Sony

La commission européenne a donné son feu vert au projet d’acquisition d’EMI Music Publishing par Sony, et cela malgré les efforts d’Impala (Independent Music Companies Association) pour démontrer la menace qu’une telle acquisition ferait planer sur les marchés locaux.

Le verdict rendu par la commission européenne est fondé sur le fait que le projet d’acquisition ne pose pas de problème en termes de concurrence. On estime que l’acquisition n’augmentera pas les parts de marché de Sony.

Cela s’explique par la proximité qui existe déjà entre Sony et EMI. En effet, depuis 2016 Sony/ATV, la filiale publishing de Sony, est l’administrateur exclusif de la totalité du catalogue d’EMI. Pour cette raison, EMI n’intervient déjà plus dans la gestion des licences de son catalogue vis à vis des plateformes digitales ou dans la signature et le développement d’auteurs.

De ce point de vue, puisque Sony contrôle déjà le catalogue d’EMI, l’acquisition ne renforcera pas la position de Sony dans les marchés où les deux entreprises sont actives. En parallèle, la commission juge que les auteurs et compositeurs auront toujours une option crédible vers laquelle se tourner dans le cas où Sony dégraderait la valeur de leurs droits d’édition au bénéfice de sa division label.

L’organisme indépendant Impala est un opposant phare dans ce projet d’acquisition. Créé en 2000, il oeuvre à aider les sociétés de musique indépendantes européennes à représenter leur propre agenda et promouvoir la musique indépendante dans l’intérêt de la diversité artistique, entrepreneuriale et culturelle.

Impala trouve ce feu vert paradoxal. En effet, l’organisme rappelle qu’en 2012, la commission avait jugé que des cessions étaient nécessaires pour que Sony devienne un actionnaire minoritaire. On peut donc s’étonner qu’on approuve aujourd’hui, sans conditions, une acquisition à 100% d’EMI par Sony.

Dans ce contexte, Impala a récemment publié une analyse qui montre que la présence combinée de Sony et d’EMI dans les charts dépasserait 70% en Italie, en France et aux Pays-Bas et pourrait atteindre jusqu’à 83% en Espagne.

Helen Smith, présidente exécutive d’Impala juge que ce feu vert « compromet 18 années de contrôle robuste des fusions dans le secteur musical.«